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Nous allons publier un beau-livre sur Sainte Marie-Madeleine et avons besoin de votre aide pour maintenir un prix public acceptable et l'ouvrir à un plus large public.

Notre projet est en ligne sur le site de financement participatif Ulule : c'est là que vous pouvez contribuer pour la somme de votre choix en échange d'une contrepartie à la hauteur de votre participation (image cliquable ci-dessous).

Partager le projet avec vos proches nous aidera aussi beaucoup, n'hésitez pas à diffuser l'information, nous avons jusqu'au 19 décembre pour rassembler la somme nécessaire !


Journée d'études

À l’occasion de la publication du livre Histoire de l’écriture typographique au XXe siècle, rédigé par une quinzaine de spécialistes, sous la direction de Jacques André (Atelier Perrousseaux Éditeur), les éditions Adverbum présentent une collection en 7 volumes,  absolument unique, sur l’Histoire de l’écriture typographique de Gutenberg au XXe  siècle, dans le cadre d'une journée organisée à l'École nationale des chartes à Paris le mercredi 7 décembre 2016.

Plus d'informations en cliquant ici !


Collection Histoire de l'écriture typographique

(Coffret de 7 volumes)

Jacques ANDRÉ
Yves PERROUSSEAUX

Offre exclusive hors commerce !
Auteurs associés :

ANDRÉ Jacques, PERROUSSEAUX Yves


Grand traité des céréales

Mireille GAYET

Une nouveauté monumentale !
Ouvrage associé :

Grand traité des céréales

Auteurs associés :

GAYET Mireille


Guide de la foulée avec prise d'appui avant-pied - nouvelle édition

Frédéric BRIGAUD

Nouvelle édition revue et complétée !!
Auteurs associés :

BRIGAUD Frédéric


Attention ! Nouvelle tournée

Les 3 et 4 décembre, l’auteur sera, avec tous ses petits traités, au Salon du livre du Perche, à Soligny-la-Trappe (Orne), mais aussi, le dimanche matin, en direct sur France Bleu La Rochelle (entre 10h et 10h 40) dans Les Toqués du dimanche de David Morel, avec Françoise Barbin-Lecrevisse.
Dimanche 4, le Petit traité de la pomme de terre et de la frite passera sans lui sur France Ô, dans Les Petits Plats de Babette, à 11h15. Lundi 5, ce sera RTL, en direct et en studio, entre 20 et 22h, pour parler « pommes de terre et frites » dans La curiosité est un vilain défaut ! de Thomas Hugues et Sidonie Bonnec : soyez à l’écoute (l’émission se déguste aussi en podcast dès le lendemain).

(Crédit photo : © Alen Méaulle www.alimage.net)


Chers libraires, nos quatre maisons d'édition - Atelier Perrousseaux, DésIris, Le Sureau, Les Grégoriennes - sont désormais diffusées/distribuées par Daudin 3D (depuis le 1er octobre)
http://www.daudin-distribution.fr/


Histoire de l'écriture typographique - Le XXe siècle II/II

Jacques ANDRÉ

Enfin disponible !
Auteurs associés :

ANDRÉ Jacques


Grand traité des céréales

Mireille GAYET

Une nouveauté monumentale !
Ouvrage associé :

Grand traité des céréales

Auteurs associés :

GAYET Mireille


Histoire de l'écriture typographique - Le XXe siècle I/II

Jacques ANDRÉ

A découvrir !
Auteurs associés :

ANDRÉ Jacques


Améliorer sa posture

du quotidien à la pratique sportive

Frédéric BRIGAUD

Nouveauté !
Ouvrage associé :

Améliorer sa posture

Auteurs associés :

BRIGAUD Frédéric


Théorie déductive de la physique des particules

Jean-François FROGER
Robert LUTZ

A découvrir !
Auteurs associés :

FROGER Jean-François, LUTZ Robert


Traité de médecine psychosomatique

Philip PONGY

A découvrir !
Auteurs associés :

PONGY Philip


Topoguide du corps - Nouvelle édition

Les sentiers de découverte anatomique

Andrew BIEL

Nouvelle édition !
Auteurs associés :

BIEL Andrew


Le Musée du Terroir Marseillais présente "Saint Joseph dans l'Art et l'Histoire" : Une conférence de Jean-Michel Sanchez ouverte à tous et sans réservation aujourd'hui à 18h30, 5, place des héros - 13013 Marseille !

Venez nombreux !

 


130 recettes sans gluten

Florence BOURQUARD

Nouvelle édition !
Ouvrage associé :

130 recettes sans gluten

Auteurs associés :

BOURQUARD Florence


Complément gratuit !

Le deuxième complément gratuit au Guide de la foulée avec prise d'appui avant-pied disponible dans la rubrique "téléchargements" des éditions DésIris !


Évènements à venir !

Mémoire du Temps, avec qui nous avons édité Les fossiles du Liban, vous invite à visiter leur stand lors des manifestations suivantes :

Du 28 OCTOBRE AU 1ER NOVEMBRE 2015
A Munich (Stand A5, 183)
Mineralientage Messe Allemagne

Mémoire du temps ORGANISE le 21eme SALON DE ROUEN
Les 7 et 8 NOVEMBRE 2015 DE 10H A 19H
ARPAM ROUEN. 76000 ROUEN, Halles aux toiles

Du 4 AU 6 DECEMBRE 2015 à Paris (Espace Charenton)
327, rue de Charenton- Paris 12eme.
10H A 19H- Métro porte de Charenton


Franfurt Book Fair

Ce mercredi 14 octobre a débuté la Foire du livre de Francfort !
Vous pouvez retrouver nos ouvrages sur le stand de l'association Éditeurs du Sud, qui porte le numéro 5.1 D88 (hall 5, premier étage, allée D, numéro 88).


Typographie et cinéma

Esthétique du texte à l'écran

Lionel Orient DUTRIEUX

À découvrir !
Ouvrage associé :

Typographie et cinéma

Auteurs associés :

DUTRIEUX Lionel Orient

Mme Martine Agrech vous propose de venir au Salon Savoirs et Saveurs de Roanne où elle signera ses ouvrages :

Le petit traité de l'huile d'olive et Le petit traité de la farine

Vous pourrez trouver le détail des programmes de ce prestigieux Salon ici !






Mémoire du Temps sera l'invité d'Honneur de l'exposition MINERAUX  ET FOSSILES
 
Le samedi 1er et dimanche 2 octobre à Rouen (Halles aux Toiles).

Conférence :
o 11h30 et 16H30 : Mémoire du Temps « Les poissons du Liban »
Et aussi : o Présentation d'une partie de la collection privée - Dédicace du livre « les poissons fossiles » par Pierre Abi Saad -  Dégagement en direct d'un fossile de poisson du Liban de poisson du Liban
• Film-DVD sur les poissons fossiles du Liban
• Tombola : un poisson fossile d’une valeur de 500€ à gagner pour un billet à 1 € (tirage au sort le dimanche à 18H)





Sur le site Liberté Politique, vous pouvez suivre la lutte et les engagements catholiques contre le travail le dimanche http://www.libertepolitique.com/les-dossiers-fsp/13-les-dossiers/5037-oui-au-repos-dominical





Vous pouvez rencontrer  Mr De Bonneval qui présente son école (à Lyon) de Plantes médicinales lors de l'émission d'Envoyé spécial (15éme minute, 32 sec)





Suite à la conférence de Mr Brigaud sur le barefooting, vous trouverez ici un compte rendu sur le site Runmygeek :

 

"Nous avons pu finalement assister à cette conférence animée par Frédéric Brigaud.

Inutile de dire que j’étais déjà convaincu sur le sujet avant de participer mais Frédéric a enfoncé le clou. Son approche bio mécanique du problème des blessures en course à pied était très bien argumentée.

Tout le monde ou presque peut marcher, courir pieds nus tant qu’il y va de manière progressive.

L’apprentissage de la course barefooting est quelque chose de très positif dans nos entrainements de tous les jours et encore plus en trail où le travail des appuis est primordial. J’ai beaucoup aimé également l’approche non intégriste du problème : ce qui compte c’est la pose du pied et la foulée même avec des chaussures classiques.

On ne pourra pas courir pieds nus en montagne mais le fait d’apprendre à poser ses pieds correctement c’est à dire sur l’avant permettra d’éviter/réduire certaines blessures.

J’étais agréablement surpris de voir à quel point David Leurion mon podologue parisien avait exactement la même approche biomécanique sur le sujet.

La conférence s’est terminée par un jeu de questions/ réponses, Frédéric a annoncé son partenariat avec l’UCPA des stages barefooting devrait être proposé l’an prochain (...)

 

Lire la suite sur le site

Mme Hélène Bodenez sera heureuse de vous retrouver pour la signature d'A Dieu le dimanche  aux Journées missionnaires de Franklin (12, rue Franklin, 75006 Paris)  les vendredi 27 (à partir de 16h)  et samedi 28 mai (de 15h à 16h)





Conférence de Mr Brigaud le 25 juin

Mr Frédéric Brigaud  (Consultant en biomécanique Humaine, Ostéopathe, DO) vous invite à sa conférence le 25 juin à l'occasion du Marathon Mont-Blanc  : "Comment le barefoot potentialise la biomécanique dans la pratique du trail et de la course à pied"
 
"La maîtrise de la prise d’appui au niveau de l’avant pied, savoir où et comment prendre appui, détermine le rendu énergétique de votre foulée et agit directement sur la forme de votre pied (pronateur, supinateur,…), de votre jambe, sur l’organisation et le positionnement des articulations (EADconcept, Empilement Articulaire Dynamique). La pratique du barefoot associée aux principes d’EAD nécessitent un apprentissage technique; une fois compris et acquis, vous n’aborderez plus la course de la même manière et porterez un regard totalement différent sur les chaussures… La maîtrise de la prise d’appui participe pleinement à la prévention des entorses de la cheville, c’est une technique d’auto stabilisation."

 

Rendez-vous à Chamonix au sein de l'auditorium de l'ENSA à 20 heures !

 





Vidéo sur le thème du temps de Mr Froger

Vous pouvez voir ici une vidéo de Mr Jean-François Froger, auteur de nombreux ouvrages, philosophe, exégète, passionné de logique et chercheur en physique fondamentale, sur le sens de l'Histoire : Qu'est-ce que l'Histoire ? Qu'appelle-t-on le temps ? Le temps est-il linéaire ? cyclique ? Se répéte-t-il ? A-t-il un sens ? Peut-on sortir de la logique binaire ? D'une conception du temps uniquement basée sur un « avant » et un « après » ? Voir alors ce qui est potentiel et ce qui est contingent ?





Jeûne et prière vient de paraître !

Le jeûne et la prière sont comme les deux ailes de l'esprit, dont ils conditionnent le développement psychique et spirituel.

L'auteur, ancien psychiatre des Hôpitaux, nous livre ici dix années d'expériences et de connaissances, de réflexions et de méditations sur le sujet.

Comme un papillon se libère de sa chrysalide, ainsi, par le jeûne et la prière, l'esprit peut progressivement se défaire de l'égoïté qui l'étreint, et devenir une intelligence et une volonté libres.

L'ouvrage nous en donne quelques modalités purgatives, illuminatives et unitives.

Chacun pourra en tirer profit et y trouver matière pour agrémenter son parcours existentiel qui est comme un pont ou une traversée vers l'éternel Vivant.





"Réflexions sur la travail" vient de paraître !

Travailler est l'un droits fondamentaux de l'homme, car le travail représente l'occasion de l'éveil de celui-ci à sa propre nature. Le Livre de la Genèse affirme que « l'homme a été placé dans le jardin d'Éden pour le travailler et le contempler » et aussi qu'« après la chute, il mangera son pain à la sueur de son front ». Saint Paul ajoute : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. »

Le chômage massif s'oppose à ces incitations. Il déclasse l'homme et peut conduire à la révolte. C'est pourquoi, dans les pays riches d'Europe, les économies sociales de marché ont introduit l'assurance-chômage pour rendre le problème supportable.

L'objectif de cet ouvrage est d'aller plus loin, en faisant jouer à cette assurance un rôle beaucoup plus positif qui valorise la capacité de travail des chômeurs et leur donne en tant que tels un rôle actif dans l'activité économique. Pour cela, les auteurs proposent d'utiliser la dynamique des marchés de manière inhabituelle. Leur démarche aboutit à unProtocole Anti-Chômage qu'une action politique hardie pourrait mettre en œuvre avec bonheur.

La démarche des auteurs peut sembler modeste, mais la portée du livre ne l'est pas. Car derrière les intentions affichées ici, le véritable objectif est de dire et redire que l'économie est au service de l'homme, non pas au service de certains hommes et non pas l'homme au service de l'économie, alors même qu'il en est l'acteur principal.

Robert Lutz est professeur émérite à l'Université de Haute-Alsace.

Giles Decock est enseignant dans la même université.





Le Chant prénatal vient de paraître !

Attendre et accueillir son bébé en chantant, quelle belle idée !

Le chant prénatal offre cette opportunité aux femmes enceintes et aux futurs papas !

Si le temps particulier de la grossesse donne l'occasion de découvrir ou d'affiner sa voix chantée, c'est aussi le moment de développer son répertoire personnel de chansons qui accompagneront l'enfant in utero, puis dans les mois suivants et ses premières années.

Partant de l'historique du chant prénatal, cet ouvrage en aborde tous les aspects, physiologiques, psychologiques et pratiques. Il en explique le pourquoi et le comment, à chaque étape de la grossesse. Les ateliers de chant prénatal proposent des exercices originaux basés sur la voix et la respiration qui permettent aux femmes enceintes de s'approprier pleinement leur grossesse et cet événement majeur et unique qu'est l'accouchement.

Le chant prénatal se développe depuis quarante ans : il est bon qu'un livre lui soit enfin consacré.

Marie-Laure Potel est musicienne et s'est formée très tôt à la psychophonie et au chant prénatal. Elle anime des ateliers de chant prénatal dans des maternités et pour une association de musique, mais elle intervient aussi en centre thérapeutique et dans des formations professionnelles.






Mémoire du Temps vous attend sur son stand lors du  salon
FOSSILES ET MINERAUX
 
Le 1,  2 et 3 avril à l’Hôtel Marriott Paris Rive Gauche situé au 17, boulevard Saint-Jacques – 75014 Paris.
 
Venez découvrir les  gisements et les ateliers de dégagement des fossiles à travers
des photos et des explications accessibles aussi bien aux grands qu’aux plus petits.

Vous verrez aussi une diversité extraordinaire de fossiles, un état de conservation quasi unique dans le monde, des empreintes et contre empreintes, mais aussi des fossiles rares et esthétiques…





Retrouvez sur le site Raid VTT, un article de Jean-Paul Stéphan pour la préparation du raid sur les Chemins du Soleil du Villars de Lans à Gap du 2 au 5 juin !
(http://www.raid-vtt.fr/fr/raid-vtt-actualite.cfm)





Vous pouvez retrouver Mme Calais-Germain dans l'émission La folie du Yoga d'Envoyé spécial sur le thème du Yoga (à la 22eme minute de l'émission) !





Enfin disponible en souscription

Vous pouvez bénéficier du prix exceptionnel de souscription de l'ouvrage "Caractères de civilités" de 23 euros au lieu de 29,50 euros, avant sa sortie le 17 mars 2011.

Cet ouvrage magnifique fait suite aux trois premiers tomes de la collection Histoire de l'écriture typographique.

Cliquez ici plus avoir plus d'informations !





Vous pouvez retrouvez la conférence de David Rault  "La typographie comme outil de design" sur Dailymotion lors de Paris Web !





Retrouvez Mr Jean-François Froger le samedi matin à 11 heures dans l'émission "Le Collier des paraboles"  sur Radios Chrétiennes en France.





Salon de la médecine douce

Mr Renaud Roussel vous convie à le rejoindre au Salon de la médecine douce le jeudi 3 février à 14h30 pour un atelier conseil,  et le vendredi 4 février à 14h à sa conférence  : "Contrôler son poids en rétablissant une bonne relation à l'aliment" !





Primé !

Le grand traité est couronné par le Gourmand Awards Illustration 2010 !





Interview de Mr Perrousseaux dans l'excellente revue Graphé

Yves Perrousseaux s'est lancé dans un énorme  et passionnant projet  : raconter,  en plusieurs tomes, l'histoire  de l'écriture typo graphique. « Ces livres, je les fais tels que j'aimerais les lire. Quand  on les lit c'est comme un ami qui vous parle. » Ces ouvrages  de référence sont illustrés de  très nombreux docu ments.  La réalisation de cet ensemble généreux s'étalera sur  plusieurs années.

Les origines de cet ouvrage

Quand on me demande les motivations qui m'ont amené  à réaliser cette Histoire de l'écriture typographique, je ne sais jamais bien quoi répondre. Le sais-je moi-même ? Pas si sûr. En fait, dans mon inconscient, c'est sans doute la conséquence logique d'avoir acquis au fil du temps et d'une façon épanouissante un certain nombre de connaissances dans ce domaine si particulier et si mal connu en France, principalement durant les quinze ou vingt premières années de ma participation aux Rencontres internationales de Lure. À cela s'ajoute une autre passion : celle de transmettre, et de transmettre au plus grand nombre, comme Gérard Blanchard savait si bien le faire, à sa façon, et exhortait son monde à en faire autant. C'est véritablement un plaisir que transmettre des connaissances qui vous passionnent  à des personnes qui en ont envie (et non pas contraintes) : non seulement les étudiants et les professionnels, mais également des gens d'ailleurs qui n'avaient jamais pris conscience que les lettres qu'ils utilisent sur leur écran d'ordinateur et qu'ils voient et lisent tous les jours ne tombent pas du ciel, mais ont une origine et une histoire, et que celle-ci est le résultat de la pensée des hommes, au fl du temps, dans une suite de circonstances bien précises, comme le répétait Ladislas Mandel. Mais je comprends également qu'il y ait des gens que ces centres d'intérêt n'attirent pas du tout. Depuis tout petit, j'ai toujours été passionné par l'existence de l'écriture, par le fait que la matière vivante  a été suffisamment évoluée, à partir d'un certain moment de son développement, pour matérialiser ses émotions,  sa pensée et son histoire. Ce qui lui permet de les fixer et de les transmettre aux générations à venir. Il se trouve que, par un enchaînement de circonstances, j'ai participé pour la première fois à la session d'été de ce que Maximilien Vox appelait à l'époque « L'École de Lure ». C'était en 1969 et j'avais alors 29 ans. Depuis une bonne année, j'habitais avec mon épouse à Forcalquier (à 15 km de Lurs), après avoir quitté Paris (où j'avais travaillé dans le service fabrication des Éditions de Montsouris et de Bayard-Presse), à la suite de mon arrivée chez Robert Morel comme chef de fabrication de sa maison d'édition installée en pleine montagne dans la région. C'est Henri de Montrond qui nous avait mis en relation. Il y a donc 41 ans de cela, et dans ce grand morceau de vie je n'ai manqué ces rendez-vous annuels de Lurs que deux fois. Et, comme vous pouvez vous en douter, j'en ai vu et entendu des choses, et le bagage accumulé représente un bel empile-ment de strates ! Les sujets débattus m'intéressaient d'autant que j'avais tout à apprendre et que les intervenants étaient souvent des personnages hauts en couleur. Dans les années 1970, la quasi-totalité des sujets abordés concernait la typographie, son évolution au fl du temps, ses contraintes et sa lisibilité. Lurs était à cette époque, et depuis 1952, le seul lieu au monde où l'on abordait et confrontait ces sujets à un tel niveau, et l'on y venait de partout pour cette raison précise. J'ai connu les dernières années de l'époque de Maximilien Vox, de Jean Garcia et des ténors de cette génération (en fait celle de mes parents), et maintenant ils sont quasiment tous morts. Je me rappelle d'une intervention de John Dreyfus (qui était le directeur artistique de la Monotype à Londres) concernant la visibilité et la lisibilité des lettres. Au moyen de deux projecteurs de diapos, il superposait sur l'écran mural (par exemple) un « a » minuscule de Plantin dans une certaine teinte et un « a » minuscule de Garamond dans une autre, et déplaçait les deux images l'une sur l'autre, ce qui fait que les parties communes à chaque alphabet (ce qu'Adrian Frutiger appelle « le noyau dur de la silhouette de la lettre ») étaient de suite mises en évidence car apparaissant dans une troisième teinte composée de la superposition des deux premières. La démonstration de John concernait donc les parties pertinentes de chaque alphabet qui, elles, avaient conservé leur teinte première. Tout ça dans un français impeccable et l'accent distingué de la City. Je vous laisse deviner la qualité de la discussion qui s'enchaîna avec des Fernand Baudin, Aldo Novarese, Albert Hollenstein, Luigi Cesare Maletto, Robert Risler et bien d'autres.

Les « Lursiens »  qui m'ont le plus influencé

Ce sont quelques-uns de ces « piliers de Lure » qui m'ont fait découvrir la complexité et l'historique de la typographie. Les années passant, c'est maintenant à mon tour de renvoyer l'ascenseur en apportant ma contribution à ma façon, et cela d'autant que parmi les « Lursiens », je suis  le seul, entre la génération qui me précède et la génération qui me suit, à être passionné par ces sujets historiques. C'est comme ça. Le premier fut Roger Excoffon. Les premières années,  je dois dire que je n'avais guère de communication avec lui. Il avait un aspect froid et rigoureux qui m'intimidait, d'autant plus qu'il était l'une des grandes vedettes graphiques et typographiques françaises de cette époque, et que moi je n'étais qu'un débutant venant de la fabrication qui ne connaissait pas grand-chose aux préoccupations de ces grands messieurs. Je m'escrimais alors à faire bouillir la marmite (mes trois enfants étaient tout petits) en réalisant des travaux graphiques tout à fait banals pour une clientèle locale qui se demandait à quoi pouvait bien servir ma profession, puisque jusqu'à présent, et depuis des siècles, « on allait voir l'imprimeur ».Puis un beau jour, il me prit en sympathie et cela a été le point de départ d'une relation qui dura plusieurs années, jusqu'à sa mort en 1983. S'il passait une bonne partie de son activité professionnelle à Paris (c'était l'époque d'Excoffon Conseil), il aimait venir travailler dans sa maison de Lurs, chaque fois que faire se pouvait. C'est lors de ses séjours que nous avons eu, chez moi, parfois chez lui, des conversations lors desquelles il m'a appris énormément de choses et surtout m'a donné confiance en moi. Autant, à Paris, il était habillé en Parisien et roulait en Mercedes, autant en Haute-Provence, il venait chez moi dans sa vieille Dauphine qui fut jadis probablement d'un certain rouge, habillé d'un jean usagé et de chaussé de vieilles espadrilles. Roger, dans l'intimité, n'avait plus rien à voir avec l'Excoffon dans l'exercice de ses fonctions officielles. En fait il n'était ni hautain, ni distant, mais plein de bon sens et finalement plutôt timide. Il m'a longuement expliqué que lui aussi était un graphiste autodidacte et que lui aussi travaillait intuitivement. Il s'était donc formé tout seul, aidé en cela par une curiosité visuelle et intellectuelle, et par beaucoup  de réflexion et de temps. Je me trompais lourdement,  me disait-il, de croire que les participants aux Rencontres de Lure ne réalisaient que des chefs-d'œuvre graphiques à longueur d'année (ceux qu'ils présentaient à Lurs). En fait, ils étaient connus par quelques travaux exceptionnels  (qui en général ne leur rapportaient pas un sou) et le reste du temps faisaient bouillir la marmite en réalisant des travaux tout à fait banals et trop souvent dénaturés par  les exigences des clients. Par sa simplicité et son humanité, Excoffon m'a permis d'oser exprimer les talents dont j'ai hérité, et non pas d'imiter ceux supposés du voisin. Je dois également beaucoup à René Ponot. Ses interventions historiques me comblaient. Il avait une disposition certaine pour la précision et l'exactitude de l'information et m'expliquait que quand on réalise un travail historique, il était indispensable, dans toute la mesure du possible,  de vérifier les informations recueillies en comparant différentes sources, et dans le doute ne pas hésiter à dire franchement que l'on n'a pas de réponse à telle question. C'est, sans aucun doute, lui qui m'a transmis le virus de l'histoire de la typographie. Sans lui, je n'y aurais probable-ment jamais été sensibilisé au point d'avoir un jour envie de m'y plonger à mon tour.Il était l'un de ceux qui ont le plus participé à la mise au point de la classification Vox à partir de 1954, et on m'a souvent rapporté que ce ne fut pas du plus simple et que les murs de la Chancellerie ont tremblé plus d'une fois. Des années après l'adoption, en 1962, de cette classification par le bureau de l'Atypi (composé alors de Charles Peignot, John Dreyfus, Hermann Zapf, Adrian Frutiger, Walter Tracy et Maximilien Vox), il devait bien être le seul à pouvoir l'expliquer aussi simplement que l'on raconte une histoire aux enfants. Il nous a quittés le 1er mars 2003. Quinze jours auparavant, je lui avais offert Le livre et l'historien, un ouvrage collectif sous le patronage de l'École pratique des Hautes Études, qui venait d'être publié chez Droz. Il n'a pas dû en profiter beaucoup.

Ladislas Mandel m'a également appris bien des choses sur l'histoire des écritures manuscrites et de la typographie. En 1998, j'ai publié son premier ouvrage Écritures, miroir des hommes et des sociétés, puis, en 2004, le second : Du pouvoir de l'écriture. Nous nous sommes pris de bec d'une part parce que « son caractère Messidor, qui n'a pas d'italique car c'est une Humane et qu'à la findu xve siècle les italiques n'étaient pas encore inventés » et qu'il voulait absolument faire figurer «  du [soi-disant] Messidor italique en italisant son romain par anamorphose », et d'autre part nous nous sommes encore pris de bec parce que ses documents iconographiques (presque tous des photocopies d'ouvrages qu'il avait dans sa bibliothèque) étaient de mauvaise qualité et que, par-dessus le marché, il les voulait reproduits en grande dimension. Je lui reprochais encore la faiblesse de ses légendes. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il a commencé à me prendre au sérieux. Il était temps, j'avais plus de 60 ans quand même et nous nous connaissions depuis une trentaine d'années, et c'est l'époque où je commençais le premier volume de mon Histoire. À partir de ce moment-là, j'ai découvert un bonhomme qui pouvait être fort sympathique, en tout cas un curieux personnage. Il m'invitait de temps à autre chez lui au Paradou, près d'Arles (à deux heures de route de chez moi), parfois pour deux jours. Le fait de pouvoir parler typographie était un plaisir que nous partagions tous les deux, c'est sûr. Il savait être drôle et spirituel. Il était alors veuf ; sa femme, d'origine russe, qui fut médecin et que j'ai connue, était morte quelques années auparavant. Il était gourmand et bon cuisinier. Plusieurs fois, il m'a fait participer à son rituel au grand marché d'Arles qui a lieu le samedi matin. Il y avait ses habitudes, ses produits et ses marchands, et à midi sonnant il retrouvait une bande de copains à la terrasse d'un café du boulevard des Lices. C'était sympa. En tout cas, je lui suis infiniment reconnaissant de m'avoir ouvert sa fameuse bibliothèque raisonnée dans laquelle se trouvaient des ouvrages représentatifs de toutes les époques. Cette source iconographique (comme celle de François Richaudeau d'ailleurs) m'a été d'une aide majeure pour la réalisation des trois premiers volumes de mon Histoire. Par contre, on le sait, Ladislas avait sur certains points historiques des idées affirmées qu'il devait bien être le seul à partager, et au sujet desquels j'évitais de le heurter de front. Ça n'aurait servi à rien. Il nous arrivait de disserter doctement sur la mort, un peu comme les philosophes grecs sur l'Acropole, et il me disait : « Tu sais, à mon âge, je peux mourir n'importe quand, en un clin d'œil ; un rien peut suffire. » Et de fait, il est mort en un clin d'œil, à 85 ans, un samedi matin d'octobre 2006, assis dans le divan bleu foncé de sa chère bibliothèque. Nous avions prévu que je lui rende visite la semaine suivante. Gérard Blanchard, également, m'a beaucoup apporté. Je ne m'étendrai pas trop à son sujet car la plupart d'entre vous l'ont bien connu et savent de qui et de quoi je parle. Ses interventions étaient magistrales. J'ai beaucoup appris lorsque, pendant la dernière année de sa vie, j'ai réalisé avec lui ce que l'on pourrait appeler la « mise au net de maquettes surraturées » qu'il modifiait sans cesse. Aide au choix de la typo-graphie est sorti début mai 1998, et Gérard est mort fin août de cette même année. Il me disait : « Dans ce livre, j'ai mis tout ce que je savais, je ne sais rien de plus. » Comme je suis d'un naturel plutôt calme et patient (j'en remercie mes parents), que je suis à l'aise dans les travaux de longue haleine, la cervelle concentrée et dans le silence absolu, sans relever la tête pendant des heures (certains disent que j'aurais dû être bénédictin), je n'ai jamais trouvé anormal qu'il modifât son ouvrage que j'ai dû refaire au moins trois fois, d'autant que quand je réalise mes propres livres, je perfectionne également mes pages je ne sais combien de fois, parfois pour ne changer qu'un mot qui convient mieux, ou une ponctuation plus appropriée. Et j'ai découvert que mon dieu s'énervait parfois, pas forcément contre moi d'ailleurs même s'il m'arrivait de ne pas deviner assez vite ce qu'il n'avait pas encore eu le temps de formuler. Il était étonné de mon calme et de ma patience, comme moi de son savoir et de son savoir-faire.

Ma façon peu orthodoxe  de travailler

On me demande parfois comment je procède pour faire mes ouvrages de longue haleine comme ceux de cette Histoire de l'écriture typographique. Les gens me supposent organisé, avec des fches bien classées. Il n'en est rien. En général, un auteur écrit son texte au kilomètre ; lui ou une autre personne recherche l'iconographie, et un graphiste réalise la mise en pages, tant bien que mal en fonction des indications qu'il peut (ou non) recevoir. En ce qui me concerne, je réalise tout cela à la fois et peux donc faire tout ce que je veux (sauf de raconter des sottises, et pourtant il en reste quelques-unes) et en prenant le temps qu'il faut, ce qui m'apporte le recul indispensable à la maturation des sujets, d'autant qu'ils sont quand même complexes. De 1995 jusqu'en 2003 j'étais, en plus et avec l'aide de mon épouse, l'éditeur et pour une part le diffuseur, et j'assumais les relations publiques. Cela en plus de mon métier de graphiste qui consistait principale-ment alors à mettre des livres en pages pour des clients éditeurs comme Équinoxe, ou des catalogues industriels techniques, ce qui était moins drôle mais rapportait de quoi vivre correctement.Pour les textes, j'étudie un certain nombre de livres d'historiens, que je cite, et je les compare. Je me suis inspiré de la méthode de Robert 1er Estienne qui procédait de cette façon en compilant des manuscrits de différentes époques et origines. C'est long, mais on distingue ainsi plus facilement ce qui doit être le vrai du rajout. Je me méfie énormément des études publiées sur Internet, car avec l'expérience que j'ai acquise, je me rends compte qu'elles sont assez souvent truffées d'inexactitudes (merci René Ponot de m'avoir sensibilisé à tout ça). Dans mes recherches, il m'arrive de retrouver les sources dont se sont servis, de leur temps, les personnages dont je parle ici. La boucle se ferme, c'est logique. Pour les illustrations, je me sers principalement de ma propre bibliothèque, de celle de bons amis, mais égale-ment de bibliothèques qui me veulent du bien, comme la BnF, de l'Arsenal, de l'École Estienne (et merci à Anouk Seng qui est si attentionnée et à Jean-Yves Quellet qui me fait les photos), celle de Blois, de Rennes, de Tours, de Lyon, du Musée de l'imprimerie de Lyon, du monastère bénédictin de Ganagobie, etc. Au début j'ai eu avec certaines bibliothèques des difficultés au sujet des droits de reproduction qui font que le livre revient trop cher et n'est plus vendable, alors que mon intention est que le plus grand nombre puisse acquérir ces connaissances. Puis les personnes concernées ont bien fini par prendre conscience que ces ouvrages culturels n'avaient pas pour but premier de faire la fortune de l'auteur, ni celle de l'éditeur d'ailleurs. Ce qui fait que dans la majorité des cas, il n'y a pas de droits de reproduction, parfois juste quelques frais de prises de vue. Je suis donc devant le gabarit de ma double page blanche sur l'écran et je mène de front :1. la rédaction du texte principal, que j'invente à  ce moment-là et que je peaufine cent fois,2. la rédaction et le positionnement (souvent provisoire) des notes latérales,3. le choix final des illustrations, le scan d'un bon nombre d'entre elles, les retouches sur Photoshop et leur place-ment,4. ainsi que la rédaction de leur légende. Tout fonctionne ensemble. La compréhension de mes démonstrations dépend de l'agencement de ces quatre types d'éléments. Bien souvent les légendes des illustrations apportent des informations utiles que le lecteur ne retrouvera pas dans le texte principal. De cette façon s'il ne le lit pas, il regardera certainement les illustrations et lira leurs légendes, c'est-à-dire ce que je veux qu'il apprenne au moins. Je travaille lentement et pour ce genre de travail, qui demande du cousu main, c'est très bien ainsi. Je travaille chapitre par chapitre en fonction des éléments que je possède et quand je sens qu'il est mûr, et mon travail n'est pas forcément chronologique tel qu'il apparaît en final dans le livre imprimé. Mais comme celui-ci va durer plusieurs années, il m'arrive de découvrir, en étudiant un tout autre sujet, des informations ou des illustrations que je ne connaissais pas (ou auxquelles je ne pensais plus) et que j'estime utile d'être rajoutées à un chapitre déjà achevé, et qui peut se situer 200 pages en amont. Ce qui m'oblige parfois à bousculer la mise en pages, la taille de mes textes et des illustrations déjà en place, à renuméroter les illustrations, et (c'est le pire) à remettre d'aplomb la numérotation de renvois de figures se trouvant dans les textes (d'où certains oublis).

Abordons également ma rétribution d'auteur, puisqu'on me pose parfois la question. En fait, c'est le même problème que celui des droits de reproduction des illustrations : un tel travail ne peut pas être rétribué à un prix convenable. Par exemple, j'ai mis presque quatre années à réaliser le premier volume (de Gutenberg au XVIIe siècle) et environ trois années pour les deux volumes sur le XVIIIe siècle qui viennent de paraître : même en supposant une rétribution au temps passé, équivalente à un salaire mensuel au niveau du SMIC, vous vous rendez bien compte que le prix de vente du livre serait bien trop cher. Conclusion, pour réaliser de tels ouvrages, il faut le faire par passion et vivre d'autre chose. Les contenus en ce qui concerne ma façon de concevoir les contenus, je tiens compte du fait qu'il existe peu d'études globales sur l'histoire de la typographie d'avant le XXe siècle, et ça tombe bien parce que ces siècles passés sont ceux qui me passionnent le plus. Il existe bien entendu les travaux de Francis Thibaudeau au début des années 1920 (et qui ne concernent que la France) et de l'Américain Daniel Berkeley Updicke (dans le courant des années 1930), mais leur approche est traditionnelle, alors que la mienne ressemble plutôt à la façon de raconter des histoires aux enfants sages, et parfois on a peur du loup. Les travaux d'autres historiens de haut niveau concernent davantage des sujets ciblés. Ma façon de faire comprendre les caractères consiste, pour une bonne part, à brosser leur contexte et non pas seulement à les montrer et à les analyser. Voici quelques exemples pour expliquer la façon dont j'aime procéder. J'ai, bien entendu, commencé par Johannes Gutenberg. C'était en 2001. Mais j'ai vite pris conscience qu'il me fallait auparavant aborder le contexte qui avait condition-né sa démarche, car Gutenberg n'a pas réalisé son œuvre ex nihilo (les autres personnages, qui ont suivi au long des siècles, non plus d'ailleurs). C'est pour cette raison que j'ai réalisé le chapitre qui précède (la fabrication du papier à la forme qui existait depuis un siècle au moins, ainsi que l'impression [en tant qu'acte d'imprimer, par exemple sur des étoffes ou en xylographie], la vis sans fn qui existait déjà chez les Romains en viniculture, et ce que l'on peut supposer de l'impression métallographique).Plus on remonte dans le temps et moins il existe de matériel de travail fiable. C'est ainsi que bien des inexactitudes nourrissent le grand public. Par exemple, il vaudrait mieux qu'il sache que Gutenberg n'a jamais « inventé l'imprimerie », peut-être même pas la typographie en tant qu'art de reproduire l'écriture industriellement au moyen de caractères fondus en alliage métallique, mobiles et réutilisables. Son trait de génie serait l'invention du moule manuel à fondre les caractères (qui effectivement a tout changé), permettant de fondre de grandes quantités de types identiques. Et encore on se demande aujourd'hui si l'on ne doit pas son invention (ou du moins sa finalis-tion) au jeune Peter Schöffer, le jeune homme astucieux et bricoleur de l'équipe. Si l'on donne le titre d'inventeur à Gutenberg, c'est uniquement parce que sa Bible à 42 lignes est incontestablement le premier important ouvrage imprimé. Et cela clôt les disputes.Autre exemple. Depuis des siècles on date l'invention de Gutenberg de l'année 1440. Sur quelle base vérifiable ? Aucune. Je ne vais pas ici refaire mon chapitre, mais le lecteur aime bien apprendre que la découverte d'une lettre (en 1982, ça ne fait que 28 ans), du cardinal Enea Silvio Piccolomini (le futur Pie II) informe que, de passage à Francfort en octobre 1454, il a lui-même vu avec étonne-ment des cahiers d'une Bible mise en vente publique. Il y en avait 158 exemplaires, tous semblables, d'une qualité « d'écriture » très nette et sans faute et qu'on pouvait lire sans lunettes. Du jamais vu. Il regrette après coup de ne pas en avoir acheté un jeu de cahiers complet. Le reste de la lettre ne fait aucun doute sur l'identification de la B 42.

Et ça, ni Thibaudeau, ni Marius Audin n'ont pu le savoir de leur vivant. Si cette Bible a été mise en vente en 1454, et en tenant compte de paramètres de mise au point de la technique, les premiers balbutiements de l'impression typographique ont plutôt dû démarrer entre 1445 et 1450, ce qui change beaucoup de choses pour la compréhension de la suite. Autre exemple encore. C'est pendant la Renaissance, en France du moins, et plus particulièrement dans les années 1530, que la typographie romaine prend le pas sur la typographie gothique. Mais comment les choses se sont-elles passées, et surtout pour quelles raisons ? Pas du tout par hasard. Et c'est ça qu'il est important d'expliquer. Raconter que les humanistes italiens, au siècle précédent, le Quattrocento, écrivaient leurs études concernant les auteurs de l'antiquité grecque et romaine (mis sous le boisseau par l'Église de Rome et on comprend pourquoi) non pas en cursive gothique qui était alors en usage un peu partout, mais dans une petite écriture, inspirée de la Caroline, pour manifester leur différence philosophique. Expliquer que ces humanistes ont refusé les caractères typographiques gothiques des premiers typographes allemands arrivés en Italie après le sac de Mayence en 1462, et qu'ils ont exigé la création de caractères imitant leur écriture, ce qui a donné le Jenson (1470 à Venise), puis les caractères gravés par Francisco Griffo pour Aldo Manuce, à partir de 1495. Expliquer que, toujours pour cette même raison de marquer sa différence, cette typographie humanistique (ou romaine) a d'abord été utilisée en France par Henri 1er Estienne à partir de 1513, puis par les humanistes français et finalement par la Réforme, pour différencier leurs publications des caractères gothiques que l'usage réservait aux livres de théologie et de liturgie de l'Église catholique. On com-prend alors tout autrement les douleurs d'enfantement des créations typographiques de cette époque et les raisons des persécutions, jusqu'au bûcher parfois, qu'ont vécu ces Robert 1er Estienne, Antoine Augereau, Étienne Dolet, Jean Jannon...Et la mise en place de la langue française, et l'invention de la ponctuation et celle de l'accentuation : elles ne tombent pas du ciel, comme dans la fable de La Fontaine Les grenouilles qui demandent un roi. Nous les utilisons tous les jours pourtant, comme monsieur Jourdain la prose.

Pour terminer je dirais encore que les contenus  de cette Histoire de l'écriture typographique font partie  de notre héritage culturel et, en ce sens, n'appartiennent  à personne, hormis la façon de les exprimer. Je vais d'ailleurs commencer le XIX e siècle. C'est pourquoi, je considère ma participation à cet héritage que comme celle d'un rassembleur et d'un transmetteur de connaissances, pour la précision desquelles je n'hésite pas à demander  le conseil et l'aide d'amis spécialistes de tel ou tel sujet, comme Jacques André, Pierre Duplan, Paul-Marie Grinevald, Rémi Jimenes, Michel Melot, James Mosley  et d'autres, que je remercie sincèrement.





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