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http://www.adverbum.fr/roger-excoffon-rault-david-atelier-perrousseaux_ouvrage-perrousseaux_4itkob6k386b.html

Le Typographe

La monographie que David Rault consacre à Roger Excoffon n’est pas un livre sur Roger Excoffon, c’est Roger Excoffon dans un livre.
Artiste lui-même pluridisciplinaire (graphiste, typographe, photographe, homme de cinéma), David Rault fait revivre sous nos yeux l’homme Roger Excoffon, dans ses élans, ses passions, dans la polyphonie de son immense talent.
Par le prisme de cet ouvrage grand format, accessible, précis et richement illustrée, nous découvrons le caractère Excoffon, son écriture, le parcours de cet auteur (typo)graphique, le chantier du Mistral, le premier nom de l’Antique Olive, un Calypso tout à fait fortuit ; l’Excoffon publicitaire, graphiste, visualiste dont les travaux & les commandes laissent apparaître ici de façon synoptique la vision d’une époque, un peu de notre histoire contemporaine, en France tout particulièrement, mais pas seulement.


La mise en page du livre se fait au fil des pages mise en scène avec, en point d’orgue, un superbe cahier consacré aux photographies que Jean Dieuzaide a fait de Roger Excoffon dans les années 1960.
L’Excoffon de David Rault est un livre que l’on peut lire vite, à la vitesse d’une Ferrari, image que feu Yves Perrousseaux associait cet ouvrage, s’amusant de l’audace de sa couverture rutilante.
Mais c’est aussi un travail que l’on peut relire avec patience, en gourmet des vignettes et des mots. Ceux de Maximilien Vox et Savignac en particulier sont de véritables morceaux de bravoure littéraires, qui dépassent de loin le génie spécialisé de la typographie et qui devraient puissamment contribuer à célébrer les nouvelles noces de la geste excoffonienne et de l’homme de la rue.

Retrouvez le site du typographe en cliquant ici !





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Le Typographe :
Yves Perrousseaux 1940-2011

Yves Perrousseaux est parti trop tôt en ces jours de mai 2011, plein de projets d‘éditions en tête. C’est à la manière d’un témoignage que j’essaye en ce dimanche soir de me souvenir de cet amoureux fou de la typographie. Comment fallait-il aborder ce devoir de mémoire? Jamais évident… Je me souviens avoir rencontré Yves Perrousseaux à la fin des années 80, lors de ces mémorables rencontres annuelles d’août organisées par les Rencontres internationales de Lure. Ce lieu était un doux mélange de grands professionnels de la typographie, d‘érudits de toutes sortes, de jeunes étudiants, d’amateurs éclairés en soif d’apprendre, d‘échanger. En 1989 lors d’un de mes premiers passages, je reconnaissais en la personne d’Yves l’un de ces amateurs, j‘étais un des ces étudiants. Nous étions tout en bas de cette montagne, face aux Blanchard, Mandel, Richaudeau, Ponot, et ravis d’apprendre à leur contact.

Les années passaient et en 1995, il publiait son premier manuel de typographie composé en Sabon. Cet ouvrage n‘était pas destiné aux professionnels du graphisme, mais plutôt aux utilisateurs non-professionnels des outils de PAO de l‘époque. Ce fut un réel succès. De nombreuses rééditions ont suivies (neuf éditions?).

Yves, grand amateur de typographie latine, aimait essayer des nouveaux caractères typographiques, promouvoir les jeunes générations que nous étions en utilisant nos fontes. Yves utilisait avec grand plaisir dans ses mises en pages de livres de recettes, de guides, autour de la provence (ses clients locaux) nos créations typographiques, dont celles de François Boltana, Thierry Puyfoulhoux, et bien d’autres comme celles d‘Éric de Berranger, Xavier Dupré, etc. qui étaient ravis de voir enfin utilisé de beaux caractères de textes en édition. Yves apprenait, comme nous les jeunes, malgré l‘écart générationnel.

Vers 1997, Yves, emporté par l’enthousiasme de Gérard Blanchard, publiait l’Aide au choix de la typographie du Chancelier des Rencontres internationales de Lure. Une somme typographique, fournie, complète, mis en page par Blanchard lui-même sur son PC, et recomposé par Yves Perrousseaux, le tout, composé avec un des packs de la totale typographie, Le Monde Livre1 et Le Monde Sans que j‘étais en train de finir pour ma fonderie. Avec le recul, il semblerait que Gérard avait réussi nous faire passer du statut d’amateurs à celui de passionnés de typographie en nous associant à ses “saines folies” typographiques. Dans une interview publié en 2002, Yves Perrousseaux nous dit d’ailleurs à ce sujet: Quant à en être l’un des piliers, c’est beaucoup dire. C’est à Lurs que j’ai appris la plus grande partie de mes connaissances professionnelles actuelles. C’est à mon tour de transmettre ce que les aînés m’ont transmis, c’est tout et c’est normal. Yves est pour ainsi dire un pur produit de l’esprit de Lurs.

Yves — lors de nos discussions téléphoniques passionnées (nous n‘étions pas toujours d’accord et c‘était mieux ainsi, une preuve de nos engagements pour une passion commune) — me racontait ses nouvelles aventures d‘éditeur d’ouvrages typographiques: rencontre avec Frutiger, publication des livres de Mandel, etc. Sa maison d‘édition Atelier Perrousseaux est devenu au fil des ans l‘éditeur francophone qu’il manquait dans notre pays. Bien plus tard, lorsque j’ai appris qu’Yves Perrousseaux avait trouvé son successeur en la personne de David Rault vers 2009, c‘était une excellence nouvelle pour la continuité de son œuvre. Cette décision prend d’un seul coup tout son sens dans ces derniers jours de mai 2011. Yves Perrousseaux restera un des acteurs majeurs de la tradition typographique lursienne.

Jean François Porchez





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Graphos (blog)

Les éditions Atelier Perrousseaux, qui nous ont déjà gratifiés de deux superbes volumes d’une Histoire Typographique qui est devenu un ouvrage de référence incontournable sur le sujet, viennent de faire paraître un nouvel ouvrage sur un sujet fort peu traité par les historiens de la typographie, j’ai nommé la « lettre française d'art de main » ou « lettre façon d'écriture », plus connue sous le nom de « lettre de civilité ». À la frontière de la typographie et de la calligraphie, ces lettres sont calquées sur une des cursives de l’époque et servaient à imprimer notamment des manuels éducatifs. On les composait dans ce caractère bien particulier en se disant qu’il était plus facilement lisible à l’âge où l’on apprend à lire et à écrire justement cette cursive scolaire. En dehors de l’ardu problème typographique qui consiste à rendre par des rectangles de plomb toutes les subtilités d’une cursive avec ligatures, trait continu et caetera, ces lettres sont très esthétiques et loin, dans leurs formes, des caractères romains et italiques auxquels une typographie plus classique nous a habitués et plus proches d'une cursive gothique que nous étudierons bientôt chez Graphos.
Découvrez donc dans cet ouvrage les liens qui ont perduré tardivement entre typographie et calligraphie, les influences réciproques (si, si) entre ces deux modes de production du texte écrit, cela vous donnera bien des idées et des modèles desquels vous inspirer pour calligraphier ce caractère un peu oublié du corpus calligraphique habituel. Les nombreuses illustrations sont accompagnées d’un texte remarquable de Rémi Jimenes qui met parfaitement en valeur à la fois la naissance, l'évolution et l’utilisation typographique de ce caractère mais aussi les influences de et sur la calligraphie de cette cursive, bien loin des modes d'inspirations qu’y puiseront plus tard Hermann Zapf ou Alan Blackman.
Bref, pour une fois un ouvrage qui met en lumière les nombreuses interrelations entre typographie et calligraphie et une bien belle source d’inspiration pour nous autres scribes.
>[Sylvie Litté]

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Histoire du livre (blog)

Il est bien trop rare que les éditeurs modernes –entendons, les éditeurs d’aujourd'hui– accordent suffisamment d’importance à la «mise en livre» des manuscrits qui leur sont confiés. Pourtant, les travaux d’histoire du livre montrent bien non seulement que le texte ne saurait exister seul, mais que le livre en tant qu’objet apporte au lecteur, par les dispositifs matériels qu’il met en œuvre, bien autre chose que le seul texte. «Mettre en livre» avec compétence et élégance un livre qui traite précisément d’un aspect de la «mise en livre», à savoir l’histoire du caractère typographiques, est tout particulièrement bien venu.
On ne peut par conséquent qu’être reconnaissant à l’éditeur Atelier Perrousseaux de l’ouvrage que Rémi Jimenes a consacré aux Caractères de civilité d’avoir réussi à nous offrir un livre dont l’élégance formelle se combine avec un contenu textuel de qualité. L’étude de la typographie et des caractères reste trop peu développée en France, et encore mal intégrée aux travaux d’histoire générale du livre –une exception remarquable étant bien évidemment celle du Musée de l’imprimerie dirigé par Alan Marshall à Lyon. L’exposition d’Écouen sur Geoffroy Tory et son Champfleury constitue aussi, en ce moment même, une excellente occasion d’approcher ce domaine.
Rémi Jimenes, doctorant au CESR de Tours, définit les caractères de civilité, alias lettre française d’art de main, comme « une typographie gothique reproduisant l’écriture cursive qu’employaient les hommes de plume français au milieu du XVIe siècle » (p. 10). Histoire et civilisation du livre donnera de cet élégant volume un compte rendu circonstancié, mais le sommaire que nous publions ci-dessous donne une bonne image d’un contenu présenté à la manière d’une pièce de théâtre classique.

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Le Bibliomane moderne (blog)

La sortie du beau livre de Rémi Jimenes sur les caractères de civilité était attendue avec impatience par de nombreux bibliophiles. Il vient heureusement compléter la série d’ouvrages d’Yves Perrousseaux sur l’histoire de la typographie.

La tâche était ambitieuse, aucun ouvrage en langue française de cette ampleur n’avait encore couvert le sujet, un comble pour un art typiquement français !

Sa lecture est un vrai plaisir ; on y apprend des tas de choses sur les « lettres françaises d’art de main », des origines à ses développements successifs (je dirais même ses mutations) jusqu’au XIXe siècle. On savait le style de ces caractères dérivé des écritures de chancellerie. Une nostalgie de copiste, pourriez-vous penser, que nenni ! Il s’agissait, au contraire, d’une volonté délibérée des humanistes de la Renaissance de « faire moderne » et d’affirmer la grâce et le caractère (c’est le cas de le dire !) des lettres françaises sur les italiennes.

Si Geoffroy Tory, le précurseur, défend la langue française, qui n’a rien à envier en beauté à la latine, c’est pourtant aux caractères romains qu’il s’attache à fixer les justes proportions. Il avait bien envisagé de traiter en parallèle des lettres françaises: « Si j’eusse pu trouver mention par écrit de nos susdites lettres de forme et bâtardes … je les eusse mis en ordre selon leur due proportion ». Et oui, seulement, il ne risquait pas d’en trouver en 1529, le bougre, puisque c’est Robert Granjon, en 1557, qui, le premier, publia un ouvrage en cursive gothique !

A l’origine de toute typographie il y a une écriture manuscrite que le graveur prend pour modèle, le style italique de Griffo des éditions aldines cherchait aussi à se rapprocher de l’art inimitable de la main. Mais les caractères de civilité se rapprochent plus fidèlement encore de la souplesse des lettres cursives ; à l’origine, ce sont des variantes de la gothique bâtarde (ce qui est plutôt paradoxale car l’écriture gothique n’était plus à la mode depuis quelques décennies, au point que Pétrarque écrivait déjà qu’elle avait été inventée pour autre chose que pour être lue !). Ensuite, il faut un modèle, les Maitres d’écriture royaux sont de bons candidats ; Pierre Habert, calligraphe et valet de chambre du Roi, a pu inspirer Granjon, tandis que Pierre Hamon, calligraphe réputé, a inspiré Philippe Danfrie.

Il faut avoir l’œil exercé pour distinguer tel type à tel autre, mais comme les autres ouvrages de la série, celui-ci est très pédagogique et il vous donne l’inventaire des différents types, comme ceux de Granjon, par exemple : les capitales, les bas de casse, les ligatures, les finales. Voilà l’art de main décodé !

Cette nouvelle typographie sera contrefaite malgré le privilège dont bénéficie Granjon pour 10 ans, et se diffusera rapidement, en France mais aussi à l’étranger, notamment dans les pays du Nord. Pourtant, le caractère de civilité ne parviendra jamais à supplanter les lettres romaines. Il est d’un usage plus difficile pour l’imprimeur, et le crénage des types les rend fragiles à la presse.

Ce que le livre de Rémi Jimenes montre bien c’est la fortune en dent de scie de cette typographie. A la mode de 1560 à 1620, elle disparait presque complètement au XVIIe siècle, pour revenir en force au début du XVIIIe siècle. Seule exception confirmant la règle, le météore Pierre Moreau, qui invente une nouvelle typographie tirée des arts de la main, selon une démarche proche de celle de Robert Granjon. Mais il appartient à la corporation des Maitres-écrivains et non à celle des imprimeurs et son expérience sera vite brisée par ces derniers.

Le gothique cursif s’offre donc un come back tonitruant dans les années 1730 grâce à Jean Baptiste de la Salle, le fondateur des Ecoles Chrétiennes, qui publie en 1703 Les Règles de la Bienséance et de la Civilité Chrétienne. Cette fois le pli est pris, il deviendra difficile ensuite de publier un livre de civilité qui ne soit pas composé avec ces caractères, sauf bien plus tard, lorsque les éditeurs ne verront plus de motifs à suivre un style que plus personne n’utilise et ne lit facilement. C’est l’âge d’or de la civilité, plus de 200 ouvrages ont été comptabilisés entre 1703 et 1863 !

Les lettres sages et bien alignées de Granjon et de ses suiveurs étaient principalement réservées aux textes officiels, aux ordonnances, privilèges et autres épitres dédicatoires, mais le Gothic Revival de la période suivante touchera surtout les éditions populaires et la production de colportage : mauvais papier, souvent manipulés par les enfants, reliures modestes (si on excepte le maroquin bleu de Duru pour l’exemplaire du Baron Pichon des Règles de la Bienséance !). Ces manuels faisaient coup double, celui d’enseigner les règles de savoir-vivre en même temps que l’écriture manuscrite. L’ouvrage montre bien les cousinages entre la typographie de civilité et les manuels de calligraphie destinés à enseigner l’art de bien former les lettres, la ronde et la bâtarde.

On regrette juste que cette partie consacrée aux productions proprement calligraphiques des Maitres-écrivains, les Louis Senault, les Honoré-Sébastien Roillet, etc, ne soit pas plus développée. Sans doute par ce que leurs ouvrages étaient plus souvent gravés que typographiés.

A la fin de l’ouvrage un appendice donne un inventaire utile des principales éditions de livres scolaires rédigés avec des caractères de civilité, depuis les Règles de la Bienséance de JB de la Salle, pour qui voudrait commencer une collection de ces impressions pittoresques.

Impossible de traiter sur une seule page, fut-elle internet, de toute la richesse du livre de Rémi Jimenes, Le mieux reste de le lire. Bon, je vous laisse, et j’y retourne…

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Pour retrouver l'article du fameux site Blbliophilie : http://bibliophilie.blogspot.com/2011/04/un-nouvel-ouvrage-de-reference-les.html
 
Amis Bibliophiles bonjour,
 

C'est un réel plaisir de vous présenter l'ouvrage fraîchement paru de l'un des premiers lecteurs du blog, Rémi Jimenes. Son ouvrage Les Caractères de civilité, Typographie et calligraphie sous L'Ancien Régime, vient effectivement de paraître à éditions Atelier Perrousseaux Editeur (29,50€), et il est superbe.

J'ai déjà eu l'occasion de le feuilleter pendant toute une soirée et j'attends avec impatience d'avoir un peu de temps pour me plonger dans ce qui me semble déjà être un nouvel ouvrage de référence sur le sujet. Mais pour vous donner une première impression, c'est vraiment très très intéressant même pour le non spécialiste que je suis. C'est très bien écrit, et on se laisse porter par l'histoire dans l'Histoire. J'aime beaucoup.
 
Rémi étant un fidèle du blog, il a accepté de se prêter au petit jeu de l'entretien pour les lecteurs du blog, afin de nous en dire plus sur lui, ses recherches et son ouvrage.
 
Rémi, quel a été ton parcours jusqu'à la parution de l'ouvrage?
 
Après deux années de khâgne à Orléans et une licence d'histoire, je me suis orienté vers un master en histoire du livre à Tours, au Centre d’études supérieures de la Renaissance. J’y ai consacré mon mémoire à la carrière de Charlotte Guillard, veuve des imprimeurs Berthold Rembolt et Claude Chevallon. Je poursuis aujourd’hui cette recherche en doctorat. Parallèlement je collabore au projet de numérisation des Bibliothèques Virtuelles Humanistes.
 
Comment l'idée de cet ouvrage a-t-elle germé?
 
À la fin de l’année 2009, j'ai été mis en contact avec Yves Perrousseaux, qui recherchait des photographies pour illustrer son Histoire de l'écriture typographique. Comme je m'intéressais à l’histoire de la calligraphie, il m'a demandé quelques renseignements sur le sujet, avant de me proposer la rédaction d'un livre consacré aux rapports entre typographie et calligraphie. Ce vaste sujet dépassait de loin mes modestes compétences. Cependant, depuis plusieurs années je rassemblais de la documentation sur les caractères de civilité. J’ai donc proposé à Yves d’aborder les rapports entre typographie et calligraphie à travers l’histoire de la lettre de civilité.
 
Mais que sont les caractères de civilité ?
 
Gravés par Robert Granjon en 1557, les caractères de civilité imitent la gothique cursive des secrétaires français de la Renaissance. 
Cette typographie est surtout connue pour l’utilisation qu’en ont faite les imprimeurs aux XVIIIe et XIXe siècles : le caractère ne servait plus alors qu’à imprimer des manuels de savoir-vivre et de bienséance, qui ont donné leur nom à cette typographie. Mon livre rejoint ceux d'Yves Perrousseaux dans la collection « Histoire de l'écriture typographique ». Cette collection, bien connue des amateurs comme des professionnels, rassemble des ouvrages de référence copieusement illustrés. Les derniers volumes sont tous imprimés en quadrichromie.
 
L'ouvrage est en effet magnifique, qu'apporte-t-il à l'histoire des caractères de civilité?
 
Plusieurs auteurs s'étaient auparavant intéressés à l’histoire des caractères de civilité. En 1966, Harry Carter et Hendrik Vervliet ont publié en anglais un livre entièrement consacré au sujet. Leur livre, qui recense les polices gravées à la Renaissance et étudie leurs origines, demeure une référence incontournable. Il n'était bien sûr pas question pour moi de « refaire » le Carter-Vervliet, mais d’adopter une approche différente du sujet : d'une part, en ne m'intéressant pas exclusivement au graphisme des caractères mais à leur utilisation par les imprimeurs (pour quels textes?) et à leur réception par le public (avaient-il du succès?) ; et d'autre part, en élargissant le cadre chronologique de cette enquête.
 
On connaît bien l’histoire de l’invention de cette typographie, mais on n’avait pas encore regardé précisément ce qu'elle devenait aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Cet élargissement du cadre chronologique m’a permit de montrer que les caractères de civilité disparaissent totalement des presses françaises dans la seconde moitié du XVIIe siècle, pour ne réapparaître qu'en 1703 avec la publication des Règles de la Bienséance et de la Civilité chrétienne de Jean-Baptiste de La Salle.
Il m’a alors paru intéressant d'interroger les causes de cette disparition et les raisons de la «résurrection» de cette typographie en 1703. Malgré leur apparent archaïsme, les caractères de civilité étaient employés pour des motifs pédagogiques clairement définis.
 
Un autre volet important de mon travail est sans doute la mise en relation de la typographie avec l’histoire de la calligraphie. La variation des modes calligraphiques en France du XVIe au XIXe siècle, le passage de l'écriture gothique à la ronde, puis de la ronde à la coulée et enfin à l'anglaise, a naturellement affecté l'utilisation des caractères de civilité qui servaient non seulement pour l’apprentissage de la lecture, mais également pour l’apprentissage de la calligraphie. J’ai ainsi volontairement profité de l’occasion pour donner quelques précisions sur l’histoire, finalement mal connue, de la calligraphie française sous l’Ancien Régime.
Je présente également quelques modèles d’écriture tirés non pas des grands manuels d’Alais de Beaulieu, Saintomer ou Royllet, ces rolls-royce de la calligraphie, mais tirés de petites brochures rares et peu connues, celles qu’avaient précisément dans les mains les enfants des classes populaires.
(...)




Article dans la revue Plume mars-mai 2011

Article dans la revue Plume mars-mai 2011





Article de "La Marseillaise"

Article de "La Marseillaise"

 

Le Pays de Forcalquier-Montagne de Lure est ancré dans l'histoire de la typographie. Le village de Lurs y accueille «Les Rencontres Internationales de Lure», créées en 1952 par Maximilien Vox et, plus récemment, la Communauté de Communes a été labellisée «Pays du Livre et de l'écriture», dans le but de fédérer les professionnels du livre et de leur donner les moyens d'exercer leur activité. Après avoir habité Forcalquier, Yves Perrousseaux est maintenant installé à Reillanne: «Actuellement à la retraite, j'occupe mon temps, avec un plaisir certain,à réaliser une Histoire de l'écriture typographique, en plusieurs tomes, de Gutenberg ou 20' siècle». Le Bas-Alpin explique qu'«une telle démarche n'avait pas été réalisée depuis les travaux de Francis Thibaudeau au début des années 1920. Je veux transmettre, d'une façon didactique, ce patrimoine culturel mal connu, en France du moins,qui a fixé à travers les époques,les modes et l'évolution des techniques, la pensée de l'homme dans le livre et d'une façon plus générale dans l'imprimé». L'ensemble de cette Histoire de l'écriture typographique, en plusieurs volumes,est conçu pour proposer une vision générale et complète du sujet. C'est en quelque sorte une véritable encyclopédie de la typographie,et c'est une première dans le monde.«De gros problèmes de santé m'ont fait perdre plus de deux ans,continue YvesPerrousseaux. Mais que les lecteurs se rassurent : le troisième volume vient de paraître, le quatrième est en préparation,il sera consacré au 19e siècle...»

L'atelier Perrousseaux l'éditeur vient de s'offrir une cure de jouvence et arbore, désormais un nouveau logo, remis  à jour de la première livrée créée par Yves Perrousseaux à la fin des années 1960,dans le que l'on retrouve toujours le hibou,vénérable emblème de la maison. Ce changement n'est pas uniquement cosmétique, puisqu'il préfigure la nouvelle ligne éditoriale de Perrousseaux pour 2011. En effet,outre les ouvrages de typographie et de graphisme qui continuent d'être le cœur de la collection, l'année qui vient verra arriver également deux nouvelles sous-catégories au sein du catalogue: Bandes dessinées et Internet. La collection Bandes dessinées présentera des ouvrages d'analyse et de réflexion autour du 9"art, point de convergence logique des thèmes chers à l'atelier Perrousseaux (l'image et le langage) ; les deux premiers titres,Entre l'élite et la plèbe de Jean-Noel Lafargue et L'espace blanc entre les cases de Stéphane Deschamps, sortiront en fin d'année 2011. L'autre nouveauté, la collection Internet, aura pour but d'éditer des ouvrages de typographie adaptés et destinés aux développeurs Web, répondant clairement à des problématique en perpétuelle évolution. Les deux premiers titres, qui traiteront de la Lisibilité de la typographie sur Internet et des Grilles & de la macro-typographie de la page Web, signés respectivement par Aurélien Foutoyet et Anne-Sophie Fradier, seront publiés à la fin 2011.





Article dans Tm rsi stm 2010-06

Article dans Tm rsi stm 2010-06

«L'écriture chinoise» _ Tel est le titre du septième cahier de la collection Kitab Tabulae, publiée sous la férule de Stéphane Ipert, directeur du Centre de conservation du livre d'Arles, coédité par l'Atelier Perrousseaux. Il s'agit de la traduction française d'un ouvrage rédigé en anglais par Oliver Moore.

S'il semble peu probable que l'écriture soit apparue en Chine à l'époque néolithique (vers 6000'1700 av. J.C.), on estime, en revanche, que la véritable écriture chinoise émerge dans l'Etat Shang en 1200 av. J. oc. Ce livre présente en conséquence un des plus anciens systèmes d'écriture au monde. Il rassemble, de façon intéressante, les principes de base du langage et ceux de la formation et de l'évolution des caractères chinois. A partir de nombreux exemples révélés par l'archéologie et le témoignage de documents conservés dans les musées, l'auteur décrit chronologiquement les principales écritures chinoises, toujours en usage.

Enseignant actuellement l'art et la culture de la Chine à l'Institut de sinologie de l'Université de Leyde, Oliver Moore a précédemment œuvré au Département of Oriental Antiquities du British Museum. C'est un spécialiste de l'écriture, de l'épigraphie et des objets en bronze chinois. (...)

Aborder, par cette pertinente édition de base, le système d'écriture propre à l'immense étendue géographique que représente la Chine, cela invite à la réflexion, voire incite à l'approfondissement.