En direct n°327
Rédigé le Dimanche 1 novembre 2026
LE BIEN-ÊTRE, DE LA QUÊTE INDIVIDUELLE À LA NORME
C'est à une foule de questionnements que s'attache l'ouvrage collectif Penser le bien-être, troisième volume de la collection "Cahiers d'études olympiques" dirigée par Éric Monnin aux Éditions Désiris.
Depuis longtemps, le concept de bien-être des populations ne s'arrête plus à la seule considération du PIB d'un pays. Si cet indicateur fait toujours partie des mesures objectives du bien-être, comme le montant des revenus ou la taille du logement, il s'y ajoute des éléments plus subjectifs, tels que l'équilibre entre travail et vie privée, le sentiment de sécurité ou la perception de son état de santé. L'ouverture à la subjectivité fait écho à la conception qui avait cours dans l'Antiquité. Dans le domaine du sport, les valeurs de l'olympisme héritées de cette période de l'histoire servent sans surprise une telle philosophie : le bien-être est vu comme l'harmonie entre l'effort et la mesure, entre la discipline et la liberté.
Cette notion individuelle se double aujourd'hui d'une dimension collective, qui se traduit notamment par l'apparition du bien-être dans la sphère juridique : cela suggère de possibles contradictions entre souplesse de la définition d'un côté, et normes de l'autre.
L'époque est aussi à la moralisation du bien-être, avec des propositions comme « bien manger » et « bouger plus », et même à son injonction : la culpabilité guette celui qui ne parviendrait pas à atteindre l'équilibre. Mais selon quels critères ? Là encore, subjectivité et norme sont susceptibles d'entrer en opposition. Le bien-être peut aussi se lire en creux, à travers des expériences où il fait défaut, comme dans certaines situations de travail, voire se révèle inaccessible, par exemple en situation de détention. Notion plurielle et variable, le bien-être est dans cet ouvrage investi par différentes disciplines des sciences humaines et sociales : les sciences politiques, l'économie, la gestion, la psychologie, l'information et la communication, aux côtés de la sociologie et du droit, spécialités respectives d'Éric Monnin et de Delphine Martin à l'université Marie et Louis Pasteur, qui ont codirigé la publication.
