Merci au magazine Le Point et à Déborah Dupont-Daguet de la Librairie Gourmande pour avoir sélectionné et présenté « Le petit traité de l'art de couper de fromage » dans le dossier Spécial gastronomie -Passion fromage !
Le patinage en ski de fond, plaisir et performance de Guillaume Millet aux éditions Desiris.
La saison des tri et du des neiges bat son plein, il est temps de vous pencher un peu sur le ski de fond, excellente discipline de préparation pour une saison 99 explosive. Ce n'est pas Nicolas Lebrun (Team Giant Triasco), récent champion de France de duathlon des neiges et champion de France en titre de duathlon, qui vous dira le contraire. Cet ouvrage se pose d'entrée comme une référence incontournable en la matière, en abordant tous les aspects du ski de fond, tant pour les néophytes que pour les pratiquants chevronnés.
Votre diététique (revue)Rédigé le Lundi 1 mars 1999
Votre diététique (revue)
L'Herboriste du llIe millénaire
Rencontre avec Patrice de Bonneval, herboriste au pied de la Croix-Rousse à Lyon.
Depuis Edmée Guillot, première herboriste diplômée par la faculté de pharmacie de Paris en 1778, la profession n'a eu de cesse d'évoluer et de s'organiser. De 4500 herboristes diplômés en 1941, année de la suppression du diplôme par le gouvernement de Vichy, il ne reste aujourd'hui en France, qu'une dizaine de personnes officiellement autorisées à exercer en office. Mieux formé, mieux informé, l'herboriste du IIIe millénaire voit son avenir se dessiner à la lumière d'une véritable éthique et d'une nouvelle compétence.
Patrice de Bonneval, vous présidez à la destinée d'une herboristerie créée en 1950. Comment voyez-vous le développement de l'herboristerie dans le troisième millénaire ?
"L'herboristerie de papa n'a plus d'avenir en temps qu'herboristerie seule. On ne peut plus vivre que de la plante, tant sur un plan professionnel qu'économique. L'avenir est au changement. Herboristeries et magasins de diététique vont devenir des officines de conseils en produits naturels."
L'ère de l'herbo-diététique sera-t-elle celle du regroupement des compétences ?
"On le souhaite ardemment. L'herboristerie moderne manie la plante sous toutes ses formes, mais connaît également des compléments alimentaires et de la cosmétique. Elle est l'héritière de la transmission d'un savoir. L'herboristerie de demain est un magasin de produits naturels où le conseil est primordial. Nous oeuvrons sur l'homme et sur la plante."
Ce nouvel avenir n'est-il pas lié à une nouvelle confiance donnée aux magasins de diététique?
"Il est évident qu'être à la fois praticien et théoricien offre toutes les garanties d'un travail sérieux. Et pour être le plus complet, il est aussi nécessaire de créer des réseaux d'information et de pratique. Ceci, pour opposer, notamment aux grandes surfaces, une compétence des plus larges. La compétence ne craint personne. C'est un nouvel avenir intimement lié à une nouvelle confiance donnée aux magasins de diététique."
Le respect de la profession est donc la clé de la reconnaissance?
"Dans l'environnement européen, la France est le seul pays à avoir des contraintes aussi fortes en matière de plantes médicinales. Elle est très en retard par rapport à ses homologues. Il est important de se faire respecter pour se faire reconnaître à l'échelle européenne, voire mondiale. A cet effet, le syndicat Conseil Nature (SNHMD) créé à Lyon, a pour rôle de faire de vrais conseillers en produits naturels, en les formant aux produits naturels proposés dans les magasins. Chacun se doit de devenir un point de référence par rapport aux produits vendus, aux conseils donnés, et au bon sens."
Qu'en est-il de l'éthique, et des relations avec le monde de la médecine?
"A l'étranger, l'herboristerie n'est pas perçue comme un adversaire aux acteurs du monde médical. Nous travaillons en complémentarité avec les médecins, les pharmaciens, les kinésithérapeutes... Nous ne voulons pas tomber dans une guerre stérile, en oubliant l'essentiel : l'efficacité des plantes. La notion d'éthique passe par la qualité des produits, des conseils, de l'enseignement, et par le respect des autres professions. Notre engagement est de ne pas être sectaire, mais crédible par notre travail et notre professionnalisme. L'intérêt de l'homme passe avant tout."
Dans les années à venir, verrons-nous de nouvelles plantes apparaître dans les officines ?
"ll existe aujourd'hui un engouement pour les médecines étrangères : chinoise, tibétaine, indienne, africaine et d'Amérique du Sud. On enregistre une forte demande de plantes nouvelles, dont certaines sont interdites en France, qu'il faut prendre en compte. Au sein des enseignements dispensés à l'Ecole lyonnaise de plantes médicinales que nous avons créée, nous conseillons cependant de ne pas aller chercher ailleurs ce que l'on trouve autour de sa maison. ll n'existe aucune plante miracle. Il faut arrêter de penser qu'à l'extérieur c'est mieux que chez nous, et ne pas satisfaire à la mode."
Où se former ?
Hors de nos frontières, l'herboriste est perçu comme un précieux auxillaire. Ainsi, en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne et en Belgique, il existe un enseignement en herboristerie, officiellement reconnu par les pouvoirs publics. En France, il existe diverses filières pour pratiquer dans les meilleures conditions : Ecole lyonnaise de plantes médicinales 13, rue Alsace Lorraine 69001 Lyon ; INDERPLAM (pour la région Sud) Mas des bonnes ouest - RD 106 - 34130 Candillargues Tél. : 04 67 29 60 05 ; Association pour le renouveau de l'herboristerie 92, rue Balard 75015 Paris (formation par correspondance) ; Ecole des plantes 59, rue Falguière 75015 Paris.
Les rapports de ta conscience et de ta matière dans ta pratique de ta médecine psychosomatique
POUR AVOIR été terrassé par le syndrome d'épuisement chronique, ].R. Millenson, docteur en psychologie, connaît bien le rôle des facteurs psychologiques dans la maladie. Aujourd'hui, il jette un regard nouveau sur la santé. Son livre, traduit en français sous le titre Le corps et l'esprit, expose les fondements de la médecine psychologique, une médecine qui s'intéresse aux facteurs psychologiques intervenant dans la maladie, que ce soit lors de son déclenchement, de son évolution, de sa prévention ou dans ses prédispositions. Après avoir passé en revue lés différentes théories sur le sujet, ].R. Millenson explique, en se basant sur de nombreux travaux de recherche, les causes psychologiques possibles des affections. Il propose également des techniques pour les traiter. Tableaux, schémas et études de cas enrichissent l'ouvrage. À la fin de chaque chapitre, le lecteur trouve des exercices à faire, généralement sur lui-même. Un ouvrage dense et bien documenté.
Ce livre est consacré aux pasteurs peuls. La question est traitée de telle manière qu'elle est portée aux niveau universel, d'où son utilité immense pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de l'aide au développement du groupe des éleveurs et de son économie propre - l'élevage, hors de la logique profane et cartésienne héritée de l'Occident, pour revenir à la visée spirituelle et culturelle des Peuls, actuellement oubliées.
Cet essai consacre un chapitre à la «Peulité», la fierté des Peuls nomades, malgré qu'elle soit appauvrie depuis les changements radicaux intervenus au sein des sociétés africaines.
L'auteur réconcilie les connaissances modernes et les antiques savoirs, il lance un défi : que la culture peule s'éveille enfin, découvre son potentiel avant que sa richesse culturelle ne disparaisse à jamais.
Les Bergers du Soleil est un véritable livre de chevet. En voici l'essentiel.
À cause de la sécheresse, de la famine et des injustices économiques, les Peuls voient leur culture se briser dans un continent - l'Afrique - à la dérive ; l'auteur qui a vécu six ans au Burkina Faso se propose dans cet essai de mettre en valeur ce qui fit la richesse de la vie pastorale traditionnelle des Peuls, d'abord de la religion musulmane pratiquée par les bergers, révèle autant d'éléments occultes de l'Islam.
Sachons gré à Jean-Marie Mathieu d'en faire la révélation avec tant de conviction et de talent à travers cette étude socio-ethnique passionnante. A. MARTIN-SIEGFRIED
"L'homme qui fait du vélo ne saurait être foncièrement mauvais" écrivait Jean Dutourd de l'Académie française. Dans ce livre, Guillaume Millet affirme avec le même aplomb que la proportion de "braves types" parmi les skieurs de fond est plus élevée que partout ailleurs. À la fin de sa lecture, on est prêt à le croire. Tout au long du bouquin, notre collaborateur se comporte comme un moniteur délicat et attentionné qui ne se contenterait pas de vous enseigner la technique de ski, mais également la diététique, l'entretien du matériel, la planification de l'entraînement, la tactique de course, etc. Un moniteur à la fois drôle et un peu chambreur lorsqu'il s'agit de se moquer des petites manies du milieu, mais très rigoureux et qui n'hésiterait pas en même temps à sortir de sa musette toutes les références bibliographiques.
Bref un type charmant, plein de prévenances, qui cède volontiers la parole à de plus spécialistes que lui et qui fait preuve d'humilité lorsque la science de la glisse se casse la figure. Dans un chapitre biomécanique passionnant, Guillaume Millet explique ainsi qu'on ne sait toujours pas pourquoi le pas de patineur est plus rapide que le pas alternatif. Quatre hypothèses se disputent les honneurs. Celle d'un gain aérodynamique, celle d'une meilleure conservation de la vitesse, celle d'une meilleure mobilisation des bras dans la poussée et celle du fartage.
On comprend alors que toutes ces techniques ne sont pas figées dans le temps et que d'autres révolutions attendent peut-être les fondeurs, aussi spectaculaires que l'apparition du pas de patineur. Les interventions d'Hervé Balland qui émaillent l'ouvrage renforcent cette impression d'un sport en pleine évolution. Le ski moderne méritait bien un tel ouvrage, une bible selon l'expression consacrée, même si dans la Bible, on ne trouve pas de petits tests pour évaluer ses connaissances en catéchisme comme ici sur la physiologie, ni de casse-tête proposés aux lecteurs à l'image de celui-ci: "Sachant que les V02 max des skieurs des années 60 étaient similaires à celles des skieurs contemporains, expliquez comment les vitesses moyennes ont augmenté de plus de 30%?". Vous découvrirez la réponse dans ce livre, ainsi qu'un grand nombre de développements savants et de renseignements pratiques: adresses, tableaux d'entraînement, glossaires, etc. On met au défi quiconque possède un bonnet de laine de ne pas terminer sa lecture en rêvant des champs immaculés des Alpes, des Vosges, du Jura ou d'ailleurs, ce qui aura sûrement pour effet d'enrichir les bataillons de la glisse de quelques braves types de plus.
Ski de fond (revue)Rédigé le Vendredi 1 janvier 1999
Ski de fond (revue)
Bibliographie
Concocté par Guillaume Millet, avec la collaboration d'Hervé Balland, cet ouvrage vous apportera dans un langage clair et un style dynamique connaissances techniques, exercices d'apprentissage, informations sur le matériel et sur le fartage. Les fondus de courses populaires trouveront leur bonheur avec de nombreux conseils d'entraînement, d'alimentation et de musculation. Lecture à deux niveaux : soit astuces et recettes diverses pour aller droit au but, soit une lecture plus approfondie pour comprendre et acquérir toutes les bases de l'entraînement. Sorti une première fois fin 1999, l'ouvrage a vite été épuisé ; un retirage est prévu, alors à vos marques !
Avec la vogue de la fermentation en cuisine, la choucroute, garnie de viandes ou de poissons, a le vent en poupe Les cigognes se trompent. Ce ne sont pas les bébés qui naissent dans les choux mais... les saucisses. De Montbéliard et de Morteau, accompagnées de leurs acolytes les lards fumés et salés ainsi que d'autres boudins régionaux venus de l'Est.
Ce n'est pas un Alsacien qui dira le contraire, puisque la choucroute garnie est son emblème. «Dans mon restaurant familial, on l'a cuisinée de tout temps, en entrée, en plat de résistance, sucrée et salée, témoigne Martin Fache, restaurateur retraité de l'Agneau d'Or à Münster et qui vient d'écrire, avec Pierre-Brice Lebrun, un "Petit traité de la choucroute" (éditions Le Sureau, 14,90 euros). Il n'y a pas de règles pour la préparer, chaque famille a sa recette! »
(…)
La choucroute est donc un plat, mais c'est surtout un légume qui peut être travaillé de mille et une façons. Martin Fache s'en donne à coeur joie, en témoignent les recettes originales proposées dans son "Petit Traité" : il la façonne en cromesquis, en strudel avec de la truite fumée, en tarte flambée avec du munster et même en lasagne, à l'orientale ou même sucrée, pour une étonnante... crème brûlée à la choucroute.
Pendant longtemps, le terme « hapax » a qualifié les mots ou expressions impossibles à traduire de façon certaine parce qu'il n'en existe qu'une seule occurrence dans la littérature disponible. Par analogie, le Bestiaire de la Bible est un « hapax ». Il n'existe qu'un seul ouvrage de ce type dans l'abondante littérature qui traite de ce qu'on appelle le « symbolisme » terme aussi flou que la littérature sur le sujet : depuis les dictionnaires des symboles de toutes obédiences (emblèmes, attributs, symboles maçonniques) jusqu'à la psychanalyse la plus absconse (L'homme et ses symboles de Jung). Tous ces ouvrages généralement liés à la question des mythes, des rêves, des coutumes, maintiennent l'idée (aussi vague soit-elle) d'une connaissance accessible par le biais des symboles. Mais cette connaissance trouve son ancrage principal dans le champ de l'imaginaire.
Ecrit à deux mains, celles des deux esprits complices et complémentaires du bibliste et du zoologiste, on quitte avec ce livre le « symbolisme » pour entrer dans la fonction symbolique, fonction centrale dans une saine théorie de la connaissance. Elle viendra d'ailleurs, dans des ouvrages plus tardifs de l'auteur. Mais d'ores et déjà, il a semé dans chacun des chapitres, tout un jeu de clés qui dessinent une route, un chemin de connaissance. Formellement, on compte trente-six chapitres, mais d'animaux on en compte bien plus, car il faut compter les quaternités d'animaux, ceux qui vont un petit peu ensemble zoologiquement, ceux dont on ne soupçonnerait pas qu'ils appartiennent au genre animal, comme l'éponge, associée au fait « de retrouver la puissance des petits-enfants ». Qui n'en a pas rêvé ?
Le Bestiaire s'adresse à tous ceux qui pensent que l'homme ne se nourrit pas seulement d'équations mathématiques, de loisirs pas chers et de découvertes majeures sur Tik Tok. Ceux qui pensent ou sentent que la vie de l'homme ne s'enracine pas seulement dans la raison pure ou calculante, mais que l'homme entretient avec les choses du monde un rapport privilégié, qu'on appellera « symbolique » parce qu'il est commode de pouvoir nommer les choses dont on parle et qu'il est mieux encore de comprendre la réalité que le mot recouvre. Ce livre (illustré) ne peut qu'intéresser ceux qui désespèrent de la raison ou de la froide abstraction. Il y en a. Et parce qu'il draine aussi des années de patiente exégèse et une connaissance anthropologique aussi large que profonde, il s'adresse aussi à ceux qui ne trouvent pas une nourriture substantielle dans les bavardages théologiques. Car correctement entendu, le symbole est l'une des deux ailes de la connaissance : l'analogie. L'autre est la logique et elles ne sont pas concurrentes : on ne vole pas avec une seule aile. Voir sur ce point le chapitre sur l'aigle.
Jean-François Froger affiche d'emblée l'ambition qui soutient son ouvrage : « il y a une véritable science du symbole (…) une connaissance qui s'établit expérimentalement, selon des procédures convenables (qui conviennent) à ce sujet particulier d'étude ».
Et cette procédure commence par une connaissance réelle de la chose réelle : le lion réel, le taureau réel, l'aigle réel, les oiseaux du ciel réels, le cochon réel… Parce qu'il faut la connaissance réelle de l'animal étudié, chaque objet d'étude bénéficie de deux approches : d'une part celle du zoologue (Jean-Pierre Durand) qui fournit la notice zoologique savante et d'autre part l'analyse proprement symbolique qui intègre des aspects exégétiques, des questions relevant de la métaphysique ou de la théologie – pour construire précisément des analogies sûres. Car le ressort de la fonction symbolique, c'est l'analogie.
Il faut saluer le travail du zoologiste et l'ensemble de ces notices réalisées par Jean-Pierre Durand qui constituent une micro-encyclopédie de nos amies les bêtes.
On a dit et répété à l'envi que si le monde hébraïque privilégie les images, c'est parce qu'il s'agit d'une société « traditionnelle » de gens qui possédaient des troupeaux et vivaient sous des tentes en contact avec la nature. Ils connaissaient de près les scorpions, les serpents, les agneaux et tout un bestiaire qu'on retrouve dans l'Ancien Testament. Ça n'est pas complètement idiot mais c'est loin d'être satisfaisant. La contingence historique n'explique pas tout, et surtout pas l'essentiel, à savoir la notion même de Création et le texte qui donne les clés d'intelligibilité de la nature humaine : la Genèse. Si les animaux défilent devant Adam qui doit les nommer, c'est qu'ils président à la naissance du langage.
Ces choses du monde que l'on trouve dans les Ecritures (et dans le monde sensible qui est le nôtre) figurent des réalités intelligibles ; elles sont, dans la contingence, des formes qui existent en nous, dont le sens intelligible est porté par ces créatures que nous appelons les anges. Le protocole est précis, il demande du temps, de la patience, de la discipline (il est décrit dans des ouvrages plus tardifs, Structure de la connaissance avec le regretté Robert Lutz, mais aussi dans Enigme de la pensée). Car de même qu'il est « convenable » que les interprétations symboliques soient fondées en réalité, (les objets réels et non les formes mythologiques qui les véhiculent) il est convenable « de lire attentivement les Ecritures pour préserver l'exactitude des images concrètes dont se sert le texte pour signifier son sens ». La fonction symbolique requiert rigueur et précision.
Que figurent donc ces animaux que la Bible évoque ou mentionne ? La préface de Michel-Gabriel Mouret se présente comme une sorte de « bande-annonce » : ils sont, écrit-il, une « métaphore des mécanismes psychobiologiques dont l'homme ne maîtrise pas l'émergence (…) mais qu'il peut intégrer dans une alliance de conscience ». Cette alliance est la première des actions de Dieu au long de l'histoire. C'est l'alliance avec Noé, ce patriarche qui construit une arche pour y intégrer toutes les espèces animales et éviter qu'elles ne soient détruites sous les eaux du déluge. La leçon symbolique est claire : l'homme n'est pas un animal mais il contient en lui la totalité du monde animal. C'est aujourd'hui une réalité largement effacée et remplacée par le mythe de notre parenté avec les primates.
Les animaux décrivent donc « (par les analogies réelles tirées de leurs caractéristiques zoologiques), la vie de la psyché humaine en son contact avec le corps et l'esprit ». Ils nous informent donc en profondeur. C'est pourquoi le premier chapitre décrit les Quatre Vivants, (les quatre Evangélistes) et les animaux qui leur sont associés : le lion de Marc, le taureau de Luc, l'aigle de Jean. (Matthieu n'a pas de représentant animal). Ils décrivent un parcours, un passage, une transformation : celle de l'homme psychique en l'homme spirituel. C'est le programme.
L'ouvrage fait ainsi découvrir le sens du dragon énorme, du grand poisson, du lézard, de la fourmi, des sauterelles dont se nourrissait Jean le Baptiste, de la panthère qui figure le « Tout animal » et de bien d'autres. Chaque titre est de soi une piste donnée au lecteur. L'araignée invite à considérer en tremblant la liberté angélique. Il y a « nombre et nombres » coassent les grenouilles et si le renard est si malin, c'est parce qu'il évite les pièges qui lui sont tendus. Oui, mais le lion aussi, qui dévore la gazelle.
Elle est l'emblème de l'élégance ! Qui pourrait y demeurer insensible ? Le symbolisme de la gazelle se comprend à partir du Cantique des Cantiques et dans une quaternité : antilope -gazelle-oryx–chamois. Et c'est ainsi qu'en quelques pages le lecteur est initié à ce terme mystérieux de la théologie : l'épectase. Le désir du Beau qui nous entraîne sans cesse et qui ne cesse de s'étendre. On trouve une version grecque de ce symbolisme dans Le mythe d'Eros et Psyché dans une nouvelle traduction de Bernard Verten, du même auteur.
Avec les oiseaux du ciel nous apprenons qu'il ne faut pas introduire de calcul dans les processus d'inspiration et avec le lézard l'importance de la distinction entre le pur et l'impur.
Ceux qui, comme moi, connaissent un peu les arguties des Scolastiques savent que Duns Scott et Thomas d'Aquin se sont chamaillés sur la question du principe d'individuation. Ils l'ont fait dans une langue technique un peu obscure, voire ardue, pour ne pas dire rébarbative, au moins pour ceux qui ne disposent pas du temps et de la patience nécessaire. Duns Scott s'est même fendu d'un livre intitulé Le principe d'individuation. C'est de la haute métaphysique sur fond de discussion théologique.
Ô merveille, cette métaphysique devient accessible à partir du cochon. Cela mérite d'être souligné et c'est pourquoi il est l'animal tout choisi pour donner un coup de projecteur sur la question (philosophique) de la liberté humaine. L'auteur rappelle d'abord un point essentiel : « les parents ne font que communiquer les conditions charnelles de l'existence, non la vie même de l'âme. Ils communiquent l'espèce, non l'individu. L'homme ne possède pas en lui-même son principe d'individuation. Il faut qu'il veuille son unité selon un principe qu'il doit choisir délibérément. Il peut choisir de s'individuer dans son groupe naturel, un peu comme un animal : disons sa famille (restreinte ou élargie), sa tribu, sa secte, sa « Oumma », son groupe d'appartenance comme disent les sociologues, ses copains d'abord. Il peut aussi s'individuer selon une divinité parce qu'il entre en contact avec un archétype qui le subjugue ». Prolongeons… Il devient sectateur, gourou ou illuminé. Toutes les pratiques occultistes mettent ainsi en contact avec ces « archétypes », entendez « démons ». L'homme peut aussi refuser tout principe d'individuation comme le bouddhisme semble y prétendre. Ce n'est qu'illusion car le bouddhiste s'individue selon la divinité qu'on appelle le Bouddha. Voilà qui pourrait nous éclairer par ailleurs sur le principe d'individuation dans des sociétés aussi inégalitaires que l'islam où il est interdit de choisir son principe d'individuation.
Ce qui fait que je suis « moi », c'est d'abord bien sûr que je suis fils de… (fille de…). C'est le début de la construction humaine et un conditionnement inévitable. C'est aussi le choix radical du chrétien. « L'homme peut aussi renoncer à construire sa propre hypostase humaine et choisir de s'individuer en recevant en lui-même le Verbe divin, pour être adopté comme Fils de Dieu ». Voilà qui éclaire un dogme fondamental du christianisme : l'Incarnation.
Sans l'Incarnation (du Verbe), cette individuation serait impossible et les hommes ne pourraient que servir de suppôt aux démons ou construire une individuation purement humaine, injuste en sa racine ». Entre la brute animale ou la satanisation… Car cette individuation humaine est source de cette surenchère que l'on ne connaît que trop dans la société humaine et qui s'affirme dans la soif de prestige, d'argent de pouvoir, d'apparat ou tout autre idole à laquelle l'homme s'est soumis. C'est la structure mimétique mise en évidence par René Girard. Choisir le Christ, c'est renoncer à construire son « moi » et ses étayages les plus divers, ses fictions, ses illusions et le besoin de se prévaloir d'être le meilleur, la plus belle, le plus doué etc…
Pourquoi donc le porc est-il considéré comme un animal impur ? Manger de la chair de porc, dit l'auteur, » est compris dans une série d'actes qui ont pour objet le culte des esprits mauvais ». Pourquoi donc les démons quittent le corps du possédé pour entrer dans un troupeau de porc. Un démon pour chaque porc… Oui, mais que de démons un seul humain peut entretenir en lui. Jusqu'à la désintégration.
Ce livre ouvre bien des portes et bien des perspectives, propres à chaque animal étudié. Il éclaire en particulier bien des questions que la théologie traite abstraitement ou trop techniquement. Mieux encore, la description minutieuse de ce monde animal et l'ensemble des interprétations qui en sont donné, fondée sur des analogies rigoureuses, livre une connaissance vraie de la symbolicité de l'homme, dans sa nature humaine. Et elle donne des clés précieuses et inédites « sur la vie de la psyché en son contact avec le corps et l'esprit ».
Petit carnet très complet sur le chausson de pointe et son travail sous tous ses
aspects. De « Comment coudre ses chaussons ? » ou, plus fondamental, « Comment les choisir ? » à un tour des petits problèmes liés à son port, sans oublier les nécessaires données anatomiques du pied et la grande question : « Quand faut-il monter sur les pointes ? ». Anecdotes historiques,
secrets de fabrication, histoire et particularités des plus grands fabricants
de chaussons complètent agréablement cet ouvrage qui comblera les jeunes
praticiennes.
L'auteur Pierre Brice-Lebrun est en état de récidive sévère ! Après la parution de plusieurs traités gastronomiques : boulettes, pâtes, pois chiches, pomme de terre, etc. Pierre Brice-Lebrun s'ocupe du camembert et il le fera savoir samedi matin, en dédicace au Palais du fromage au marché Saint-Roch.
Quand Pierre Brice-Lebrun cause camembert, il s'agit forcément d'un camembert Normandie AOP au lait cru moulé à la louche. On n'aborde pas le "claquos" avec cavalerie ! De passage à l'épicerie Cocagne, pour y prélever un Jort, un des fleurons des camembert normands, l'auteur se livre : "Ce petit traité du camembert" (éditions Le Sureau) m'a donné du travail. Quand j'ai entrepris mes recherches, je me suis aperçu que beaucoup de documents écrits relèvent davantage de la fable que de faits historiques avérés."
S'il ne faut "que" cinq heures et cinq louches pour mouler un camembert digne de ce nom, avec un temps de repos d'une heure entre chaque louche, Pierre Brice-Lebrun lui a travaillé de longs mois pour démouler ce traité gourmand. Il a fallu enquêter sur le Brie, puis dans le village de Camembert, partir sur les traces de Marie Harel, qui serait l'inventrice du camembert, et se méfier des faux amis : toute l'histoire serait partie du village de Crouttes, peut-être trop beau pour être vrai !
Entre deux portions et un bon coup de jaja pour faire descendre, on apprend au fil des pages, l'origine des fameuses boîtes de camembert, comment écroûter celui-ci, comment préparer une bruschetta landaise au camembert, un camembert au chutney de pomme, une crème brûlée au camembert, etc. Pierre Brice-Lebrun procède à la célébration de mariages entre ce magnifique fromage si français et différents vins, pains et mers surpenants comme le chocolat blanc
CONCENTRE DE 2000 ANS D'HISTOIRE
DANS LE « PETIT TRAITÉ DU COGNAC »
Sorti à la mi-octobre, il est tout frais, tout chaud, ce Petit traité du cognac, mitonné par la chroniqueuse culinaire Françoise Barbin-Lécrevisse, en vente depuis peu dans toutes les bonnes librairies.
Ce Petit traité du cognac rejoint une collection publiée par l'éditeur sur différents produits, au nombre d'une vingtaine. L'esprit de cette collection est de raconter l'histoire du produit en incluant une touche de gourmandise. Celui rédigé par Françoise Barbin-Lécrevisse retrace ainsi l'histoire du cognac au fil des siècles en l'illustrant d'une soixantaine de recettes qui ont un lien avec le cognac ou son histoire. Certaines rappellent des recettes du terroir, comme le millas, ce dessert ancestral dont chacun détient sa propre réalisation, « et je n'échappe pas à la règle en partageant la mienne ! » ; d'autres sont créées par l'autrice, comme par exemple son gâteau de voyage, « que j'ai imaginé au fil de l'écriture de ce Petit traité en pensant à tous ces marins qui faisaient de longs voyages pour venir chercher le sel et le vin blanc des Charentes ».
Les recettes de ce Petit traité permettent aussi des « accords mets-cognac » afin de découvrir quel cognac, d'un plus jeune à un plus vieux, s'harmonisera le mieux avec la recette choisie. « Je suggère parfois quelques noms de producteurs mais chacun fera sa propre expérience selon ses goûts ou ses affinités », indique la spécialiste du terroir charentais, membre de l'Académie d'Angoumois. « Si l'histoire du cognac n'a aucun secret pour les Charentais, j'espère que ce Petit traité contribuera à la faire découvrir ou mieux connaître aux visiteurs de notre région mais aussi à l'extérieur puisque l'éditeur Le Sureau distribue ses ouvrages sur toute la France, ainsi qu'en Suisse, Belgique et Canada ».
Françoise Barbin-Lécrevisse s'est donc plongée dans la rédaction des 130 pages de cet ouvrage, illustrées par Marie Ducom, en revenant sur les premières traces de la viticulture dans la région dès le Ier siècle et le parcours du cognac jusqu'à notre XXIe siècle, en passant bien sûr par la période noire du phylloxéra, « qui n'aura pas eu gain de cause grâce à tous ceux qui n'ont jamais abandonné leur lutte pour sauver et développer ce spiritueux unique ».
Pierre-Brice LEBRUN récidive après le succès de son précédent ouvrage « Petit traité de la boulette » en donnant naissance à son petit frère « Petit traité des pâtes ». Il traque sans merci les légendes qui entourent macaronis, cannellonis, farfalles et autres lasagnes et nous livre une soixantaine de .ses recettes préférées, de pâtes et de sauces pour les accompagner. Si ce livre donne envie de manger des pâtes. il donne aussi envie d’en fabriquer, d’en inventer, d’en découvrir tous les jours de nouvelles …
Pour en finir avec la tradi choucroute garnie
« Tout le monde sait que les saucisses naissent dans les choux, avec les boudins et les jambonneaux, et que, dans un torchon noué placé sur son bec affûté, la cigogne les transporte nuitamment à la choucrouterie, pour que soit réalisé l'assemblage.»
Rien que pour cette introduction, on dit OUI au nouveau traité des éditions Le Sureau, consacré - vous l'aurez compris - à la choucroute.
Co-écrit par l'ancien restaurateur munstérien Martin Fache et le chroniqueur gastronomique Pierre-Brice Lebrun, on y apprend donc que la choucroute n'est pas forcée de ne s'acoquiner qu'avec de la cochonnaille, mais peut aussi se servir en cromesquis, en clafoutis, sur un hot-dog ou une tarte flambée.
endirect.univ-fcomte.fr : Le CÉROU au centre des Jeux
endirect.univ-fcomte.fr : Le CÉROU au centre des Jeux
Les JO d'hiver viennent de se clore à Pékin, ceux d'été se préparent pour 2024 à Paris… Créé en décembre 2019 à l'université de Franche-Comté, le CÉROU multiplie ses activités et sa visibilité grandit au fil du temps et des Jeux qui se succèdent. S'il possède des équivalents dans une vingtaine de pays, le Centre d'études et de recherches olympiques universitaire est la seule structure de ce type en France. Ses missions ? Fédérer le savoir universitaire sur l'olympisme, favoriser les liens entre les acteurs du monde olympique et les chercheurs, mettre en place des enseignements dédiés, organiser des colloques et des rencontres interdisciplinaires, encourager les relations à l'international, relayer la connaissance auprès du grand public…
L'un des événements les plus ambitieux inscrits à son programme aura lieu dans les jours précédant les Jeux de Paris : le CÉROU accueillera le symposium mondial de la recherche, qui traditionnellement se tient à chaque édition des Jeux olympiques. Entre trois cents et quatre cents chercheurs du monde entier sont attendus à Besançon pour cette manifestation.
Directeur du CÉROU, vice-président à l'olympisme de l'université de Franche-Comté, Éric Monnin est un artisan infatigable de la promotion de l'olympisme. S'il intervient naturellement sur le territoire comtois, à divers titres impliqué dans Paris 2024, sa passion et ses missions d'enseignant-chercheur le mènent aussi aux quatre coins du monde. Consultant pour Eurosport depuis plusieurs années, Éric Monnin a commenté les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux de Pékin pour la chaîne sportive. Signification des emblèmes olympiques, parcours de la torche – il a d'ailleurs été le seul Français à relayer la flamme olympique pour les Jeux de Tokyo –, fonctionnement du CIO, retours historiques…, le chercheur apporte l'anecdote, l'information qui rendent le discours plus riche et plus dynamique. « Cette expérience est une formidable opportunité pour voir de l'intérieur comment sont diffusés les Jeux dans les médias ».
Éric Monnin est aussi l'auteur d'un livre sur les Jeux olympiques d'hiver, qu'il actualise et complète régulièrement depuis sa première édition à l'occasion des JO de Salt Lake City en 2001. Le livre, émaillé de nombreuses photos, retrace l'intégralité du parcours des JO d'hiver depuis leur création en 1924 à Chamonix. Un commentaire sur l'édition de Pékin ? « Les Chinois veulent s'engouffrer dans l'industrie des sports d'hiver, et rattraper la Corée du Sud et le Japon qui ont pris une longueur d'avance en termes d'équipements sportifs, logistiques et numériques lors des Jeux précédents. La Chine ne comptait que huit millions de pratiquants en 2017, elle espère faire grimper ce chiffre à trois cents au moins grâce aux JO de Pékin. »
Comment choisir, conserver et cuisiner le légume pour qu'il donne le meilleur ? Comment faire pour qu'il soit à la fois bon pour l'environnement, le goût et la santé ? Légumes des terroirs s'adresse à un public désireux d'approfondir ses connaissances sur le légume et son potentiel culinaire, comprendre l'origine et les vertus nutritionnelles des légumes pour les cuisiner. Le tout, en sublimant le goût.
Daniel Vuillon, fondateur des Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, apporte une éclairage essentiel sur les modes de production. Et pour mettre en pratique tous ces savoirs : 60 recettes expliquées !
Petit Traité du Cognac selon Françoise Barbin-Lécrevisse : l'histoire de la liqueur des dieux avec une touche de gourmandise !
Que Françoise Barbin-Lécrevisse, membre de l'académie d'Angoumois et auteur de nombreux ouvrages culinaires, se penche sur la liqueur des dieux n'a rien d'étonnant. Dans ce Petit Traité du Cognac qui vient de paraître aux éditions du Sureau, elle conjugue l'histoire et les recettes de cuisine parfumées aux arômes littéraires...
Pourquoi ce Petit Traité du Cognac ? Parce que l'histoire de ce produit, qui commence voilà près de 2000 ans, est sillonnée d'étapes qui lui ont permis d'entrer dans la cour des grands. Quand on parle de la France dans le monde, on cite Paris, mais aussi Cognac ! « Ce livre suit la naissance du cognac, son évolution et son essor au fil des siècles. Il a dû surmonter de nombreux obstacles pour devenir le grand spiritueux que nous connaissons aujourd'hui » explique Françoise Barbin-Lécrevisse.
Au fil des pages, on découvre comment au IIIe siècle, l'empereur romain Probus a permis aux Gaulois de planter des vignes et de faire du vin. Le vignoble s'envole au XIIe siècle avec Guillaume X et sa fille Aliénor d'Aquitaine. Il s'étend alors de Poitiers à Saintes. Grâce au port de La Rochelle, les exportations vers les pays du Nord sont facilitées. Outre le sel qui est le but premier de leur venue, les équipages chargent du vin blanc appelé à subir une transformation pour une meilleure conservation durant le voyage. Sont décrits les différents moments qui ont permis au cognac de s'affirmer, la distillation, puis la double distillation. A ce sujet, la légende est amusante : « Elle raconte qu'une nuit, le chevalier Jacques de La Croix Marron, seigneur de Segonzac, viticulteur, rêva que le diable voulait lui voler son âme en la faisant bouillir. Sa foi était si profonde que son âme résista à la première cuisson et Satan dut le faire bouillir une seconde fois. A son réveil, le chevalier décida d'appliquer cette technique à son eau-de-vie. Ainsi naquit la double distillation, particularité de la fabrication du cognac, eau-de-vie de vin produite essentiellement dans les deux Charentes ». Comme toutes les anecdotes, celle-ci a peu de chance d'être vraie, mais elle apporte un brin d'originalité à la naissance de la fameuse « liqueur des dieux » selon l'expression de Victor Hugo.
Les recettes sont largement présentes dans l'ouvrage. Apéritifs, poissons, viandes, coquillages, légumes, fromages, desserts… Généreuse, Françoise Barbin-Lecrevisse partage ses secrets avec les lecteurs : _« Les recettes proposées dans ce traité sont nouvelles à l'exception du millas. Jamais je ne publierai une recette que je n'ai pas expérimentée car elle doit comporter les bonnes proportions. Pour moi, une recette publiée, c'est comme une bible. Je corrige celles que j'ai élaborées sur le papier en les préparant personnellement. J'utilise les produits du terroir que je défends. Ce terroir est encore plus grand avec la Nouvelle-Aquitaine, telle la gelée de pineau des Charentes au piment d'Espelette ! ». _
Savez-vous par exemple que les palets d'or (chocolats) ne sont pas originaires de la Charente, mais de l'Allier ? Ils ont obtenu un tel succès à fin XIXe siècle que leur saveur a dépassé les frontières. A l'origine, les palets d'or étaient ronds et plats. Dans la région, leurs formes varient : « certaines maisons les font fabriquer avec leur propre cognac ».
A ce jour, Françoise Barbin-Lécrevisse a publié une quinzaine d'ouvrages dont deux ont été traduits en anglais (traitant du cognac et du pineau). « J'anime un atelier à Segonzac en février chaque année avec un producteur. L'objectif est de faire découvrir les arômes du cognac selon le concept accords mets-cognacs développé par Rémy Martin. Chaque plat est accompagné d'un cognac particulier en termes de vieillissement. Chacun fait sa propre expérience quant aux mariages culinaires réussis et les alliances innovantes ! » .
Joliment présenté, Le Petit Traité du Cognac a été illustré par Marie Ducom.
A quand remonte la première recette utilisant du cognac ? « Il est difficile de répondre à cette question. Dans les campagnes, il entrait dans la composition de certains plats, il servait à flamber par exemple ». Ajoutons que l'eau de vie brute, forte en degrés, pouvait être utilisée comme désinfectant sur une plaie. Aujourd'hui, le contexte est bien différent ! « Du cognac remède au cognac banni en passant par le cognac plaisir, à chacun d'y trouver l'équilibre et la modération recommandée » souligne Françoise Barbin-Lécrevisse.
Entre 600 modèles de pâtes, dont 300 en Italie, des malloreddus sardes aux macaronis napolitains, Pierre-Brice Lebrun conte légendes et mythes de la pasta deliziosa. On le suit en Chine avec Marco Polo, à la bataille de Marignan avec les troupes de François 1er, à Brooklyn avec le meunier Antoine Zaraga. Recettes, historiettes, citations éclairent d'un jour neuf penne all'arrabbiata ou taglia telle carbonara. Bref, si vous aimez les pâtes, vous allez adorer ce bréviaire, joli et savoureux.
"(...) Le traité de Pierre-Brice Lebrun traque tout ce que vous croyez savoir sur les pâtes et qui est faux le plus souvent. On y trouve aussi des recettes, encore des recettes, toujours des recettes. Car les recettes de pâtes sont infinies, le mieux étant d'en inventer une à son goût comme pourrait le suggérer Bill Buford, ancien rédacteur du « New York Times » devenu pastaman fanatique au point de se faire embaucher dans un trois étoiles italien de New York à l'âge de 50 ans.
Il raconte cette expérience avec le réalisme qu'il faut pour édifier le lecteur sans lui couper l'appétit. Les deux ouvrages sont à proscrire si vous n'avez pas un restaurant italien, un film de Martin Scorcese ou un sachet de pâtes et une sauce tomate à moins de 5 km à la ronde.(...)"
Ce livre est la suite chronologique du tome I consacré à l'époque qui court de Gutenberg au XVIIe siècle. Par rapport au premier, ce tome II comporte un plus grand nombre de reproductions à la taille réelle, souvent pleine page, parfois double page, de façon à ce que le lecteur goûte au mieux les exemples montrés. Le premier tome était imprimé en noir (plus une couleur d’accompagnement) pour la bonne raison qu’entre le XVe et le XVIIe siècle la quasi-totalité des livres était imprimée en noir seul. Avec ce tome II, nous passons en quadrichromie car certains sujets le demandent. Le contenu de l’ouvrage suit au mieux la chronologie, bien que différents sujets se chevauchent forcément ; vous y retrouverez notamment le Romain du roi ; une étude sur Joseph Moxon, un graveur de caractères et imprimeur londonien de la seconde moitié du XVIIe siècle ; une autre sur les textes dont l’écriture des lettres est réalisée au pochoir (c’est la première fois qu’une étude sur ce sujet est publiée - son iconographie est magnifique et didactique) ; une analyse de "La science pratique de l’imprimerie", conçue et imprimée en 1723 à Saint-Omer par Martin Dominique Fertel ; un petit chapitre consacré à "l’Histoire de l’origine et des premiers progrès de l’imprimerie", de Prosper Marchand, imprimé à La Haye en 1740 ; une étude concernant l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et sa relation didactique entre le texte et l’image ; et bien d’autres belles surprises encore (Pierre-Simon Fournier, les vignettes à combinaisons, William Caslon…). Certains chapitres de ce tome II ont en outre été revus et corrigés par James Mosley, un historien célèbre et ami de l'auteur de longue date, qui fut pendant une quarantaine d’années le conservateur de la St Bride Printing Library à Londres.
L'ensemble de cette Histoire de l'écriture typographique, en plusieurs volumes, est conçu pour proposer une vision générale et relativement complète de ce qu'il faut au moins savoir sur le sujet, en fonction de ce que nous pouvons en dire aujourd'hui.
Les éditions du Sureau poursuivent la collection des petits traités avec le dernier-né entièrement consacré aux pâtes. Il vient rejoindre ceux dédiés à l'omelette, la farine complète, la confiture et la boulette. Celui sur la boulette a été récompensé par le Prix Cerise sur le gâteau 2009 du Festival des littératures gourmandes,et est signé de Pierre-Brice Lebrun. Ce petit dernier est réellement un petit frère car il est bâti sur le même schéma que les précédents ouvrages. En tout premier, on remarque le soin apporté à sa confection: la mise en page est claire et rythmée par des illustrations bien choisies. Puis, on feuillette le livre. L'historique tout d'abord, incontournable, ensuite l'auteur donne des recettes souvent accompagnées de courtes informations complémentaires sur l'origine du nom du mets (la raviole par exemple). Il revient enfin d'ouvrage sur l'origine mésopotamienne des vermicelles avant d'évoquer la conquête des pâtes en Europe et en France. Les recettes sont abordables, les explications sont précises. Il y a des recettes classiques et d'autres moins connues qui sont une invitation à se mettre en cuisine!
Faisant voyager le lecteur de Pékin à Venise, de Babylone à Cordoue, de la Toscane au Pérou et de la Sicile à la Belgique, Pierre-Brice Lebrun lui fait partager le résultat d'une traque impitoyable sur l'origine des macaronis, cannellonis, farfalles et autres lasagnes. Son Petit traité des pâtes répond aussi, à la question essentielle : Marco Polo les a-t-il vraiment rapportées de ses voyages en Chine?
Vous saurez tout, tout, tout sur l'Olympisme en hiver. Cet ouvrage complet de l'historien et sociologue du sport français, Éric Monnin, retrace un siècle d'olympisme, de Chamonix, en 1924, à Beijing, en 2022.
Contexte historique, enjeux des compétitions, exploits légendaires ou même désarroi de certains athlètes, ce portrait de la plus prestigieuse compétition sportive au monde vit par l'image, les records mais aussi les récits d'humanité.
François Besancenot, enseignant et cuisinier : « Connaître, choisir, conserver, cuisiner, ce sont les "4 C" essentiels au bien manger »
Coauteur des « Légumes des terroirs », François Besancenot est convaincu de l'importance de l'éveil au goût et de la valorisation des légumes bruts.
J'ai été sensibilisé à l'environnement et à l'importance d'une bonne alimentation dès le plus jeune âge. Né à Évry, j'ai grandi à Ris-Orangis, dans l'Essonne, département du cresson. Je suis un gars de la banlieue, issu d'une famille d'agriculteurs. Mon père se consacrait à la Maison de l'élevage d'Île-de-France, mon grand-père était céréalier près de Sens, dans l'Yonne, ma grand-mère s'occupait de la basse-cour et du bétail. Le week-end, nous nous retrouvions en famille, chez mes grands-parents, pour aider à la ferme. En été, nous faisions les moissons, à l'automne nous allions ramasser les pommes pour le cidre, au printemps, nous taillions les fruitiers.
Ma grand-mère cuisinait beaucoup, j'ai été marqué par ces goûts et ces odeurs de campagne, le parfum de bons plats faits maison (soupe de potiron, tête de veau, quiche au lard). Mes deux frères sont devenus l'un vigneron bio, l'autre « sourceur » de poissons pour la pêche durable et ma sœur, professeure des écoles. Et moi, j'ai suivi un « fil vert » durant tout mon parcours.
J'ai fait des études de géographie, pour comprendre comment la terre fonctionne, puis travaillé au sein du réseau éducatif e-graine pour développer des outils pédagogiques autour de la sensibilisation à l'environnement. Je suis ensuite allé sur le terrain au Liban, avec l'association Bahr Loubnan. Et enfin en Rhône-Alpes, pour m'occuper d'un parc naturel, puis devenir formateur.
Rendre les légumes familiers
J'habite à Lyon depuis 2011, où je suis enseignant à la fac en géographie rurale et en éveil au goût, au sein d'un cursus « Produits de terroir, circuits courts et gastronomie ». J'ai passé mon CAP cuisine en 2016, mû par la conviction que bien manger peut reconnecter les gens à eux-mêmes, aux autres et à la nature. J'ai travaillé dans des restaurants, dans des fermes-auberges, puis j'ai cofondé l'association Santé goût terroir, parce qu'entre nous et l'environnement il y a le produit qu'on déguste, ce morceau de paysage, de terroir que l'on consomme.
Nous avons lancé des conférences-dégustations en présence des producteurs, pour faire découvrir au public les produits, leur histoire, les manières de les transformer et de les apprécier. Dans le même esprit, le livre que j'ai coécrit avec le maraîcher bio et fondateur des AMAP Daniel Vuillon, a pour objectif de familiariser aux légumes, de dresser leurs portraits, en déclinant les « 4 C » essentiels au bien manger : connaître, choisir, conserver, cuisiner. Il faut d'abord connaître le légume, son histoire ; puis savoir bien le choisir selon la saison, le mode de production, la variété, l'aspect ; et enfin comment le conserver et le cuisiner pour qu'il soit à son meilleur en goût comme en valeur nutritionnelle.
Le velouté de cresson est une recette de mon enfance qui m'a marqué : j'ai découvert cette drôle de salade piquante, pleine de vertus, qui pousse dans l'eau toute l'année dans nos régions, et que l'on peut sublimer en évitant de trop la cuire. Il faut juste la faire chauffer une minute pour lui retirer son piquant mais conserver son goût, ses vitamines et sa couleur. Ainsi, le légume se suffit à lui-même, simple et sublime.
Dans le « Petit traité du raisin », Patricia Rolland attaque tous azimuts
Dans le livre « Petit traité du raisin », paru aux Editions « Le Sureau », Patricia Rolland attaque tous azimuts : « à vous en faire perdre la raison », « des jus pas moûts qui donnent du peps », « le vin aigre de la plèbe », « les raisins du Sultan, un gout d'Orient ». Ou encore : « des pains et des raisins sur les traces de Sissi l'Impératrice », « il y a un pépin »…et même jusqu'au Japon ! « Ma petite préférence va au koshu. C'est le cépage du mont Fuji ».
Nous avons rencontré le 2 décembre 2024 l'auteure dans les locaux du Collège Chape à Marseille dont elle est Principale pour évoquer cet ouvrage documenté, instructif et illustré, paru en octobre 2024. Explications…
Madame Patricia Rolland, vous venez de publier « Petit traité du raisin ». Pourquoi cette thématique ?
J'ai choisi cette thématique car j'ai beaucoup d'admiration pour la vigne et celles et ceux qui la cultivent. Plante très résiliante et qui s'enracine profondément dans la terre tout en regardant vers le ciel et cherchant à s'élever ( la vigne est une liane). Et comme je sais que vous aimez le sport, permettez-moi cette expression : dans les vignes comme sur les terrains, il faut du souffle, de l'endurance et une bonne dose d'esprit d'équipe. Le raisin aussi joue le jeu pour décrocher sa médaille d'or en cave !
Merci pour ces références sur le sport que j'apprécie particulièrement ! Vous venez de préciser : « cherchant à s'élever », c'est sans doute aussi un peu de la philosophie ! Du temps a dû être nécessaire pour pouvoir écrire votre ouvrage ?
Il m'a fallu environ deux ans le temps de rassembler la matière et « voyager » au sens propre comme au sens figuré. Les recettes sont toutes testées et certaines, un peu inédites, comme par exemple le Pesto aux jeunes feuilles de vigne. Les illustrations aussi ont pris du temps.
Vos illustrations sont magnifiques, vous les avez vous-même réalisées. Lorsque l'on écrit un ouvrage, il y a toujours un aspect que l'on préfère ou qui est plus important. Lequel l'est à vos yeux ?
Le plus important pour moi est justement le voyage que ce livre peut permettre à travers les âges et les continents. Il est conçu non pas selon l'ordre chronologique mais plus diachronique afin de croiser les regards et les cultures. Le livre se veut aussi très accessible aux néophytes comme à ceux qui seraient davantage spécialistes de ce fruit.
Voilà un bouquin sympa qui a l'énorme avantage d'être disponible en papier. Ou, tout de suite, en PDF (...et donc lisible sur un Mac ou un iPad).
Que les choses soient claires, je ne suis pas un fan des typos de Roger Excoffon pour la bonne raison que je ne les connaissais pas en détail, pas réellement séduit par leur graphie, leur architecture. Mais le gros apport d'un tel bouquin est de faire tomber tous les a priori...
C'est en discutant avec Brice You qui est un fanatique intégral de ce typographe que j'ai commencé à jeter un oeil sur ces typos. C'est Brice à nouveau qui m'avait signalé le premier livre en PDF de David Rault, Guide pratique de choix typographique (voir cette chronique sur urbanbike) qui m'a permis de mieux cerner le personnage parmi tant d'autres créateurs.
Aujourd'hui, je ne suis pas encore passé à l'acte (utiliser du Excoffon dans mes propres missions) mais, à tout le moins, je le découvre plus encore et la sortie de ce livre, Roger Excoffon, Le gentleman de la typographie, vient agréablement compléter le peu que je savais sur ce personnage.
Ce bouquin a une singularité, celle de faire parler pas mal de personnes qui l'ont connu dont Yves Perrousseaux (qui vient juste de le rejoindre pour, je leur souhaite, continuer leurs longues discussions), Robert Massin et bien d'autres.
D'ailleurs, Jean-François Porchez écrit exactement, je le confesse, ma perception d'il y a encore quelques mois...!
À mes débuts, alors étudiant, durant la fin des années 1980, les Mistral, Banco et Choc étaient dans le panier des alphabets ringards qu'il ne fallait pas employer pour autre chose que de s'amuser à reproduire la vitrine provinciale d'une boucherie, d'un boulanger ou d'un coiffeur. C'était en tout cas le message des graphistes en vue de l'époque, des professeurs de graphisme, des journalistes, etc. Pour reprendre un discours léger, mais bien rodé dans le milieu des agences et des studios de l'époque : les alphabets d'Excoffon n'étaient pas modernes.
C'est tout l'intérêt du livre de David Rault, remettre dans son jus, son époque le travail de cet autodidacte, le restituer et nous le faire découvrir...
Bref, je ne vais pas en dire plus.
Si vous êtes graphiste, ce second opus de David Rault doit impérativement rejoindre son Guide pratique de choix typographique -- que vous avez, rassurez-moi, à portée de clavier ou de main...!
Seul petit point auquel on s'habitue très vite, le livre est en anglais et français et il vous faudra parfois sauter une page pour poursuivre votre lecture...
Ecrit par une kInésithérapeute et une psychomotricienne, cet ouvrage d'anatomle en rapport avec le mouvement" montre comment le bassin de la femme bouge et se transforme, notamment lors de l'accouchement, en fonction des positions et des mouvements (mouvements du rachis et des membres Inférieurs en particulier) (1)
Les premiers chapitres font cheminer le lecteur pas à pas dans la compréhension de l'anatomie du bassin, statique et en mouvement Les nombreux dessins anatomiques du bassin sont souvent replaces par "transparence" sur le dessin du corps de la femme, ce qui permet d'intégrer d une façon concrète les notions exposées Dans les chapitres suivants, les auteures intègrent la descente du fœtus dans le bassin, puis l'analyse des diverses positions d'accouchement. Enfin, les différents mouvements que la femme peut effectuer pendant le travail et l'accouchement sont envisagés, avec la description de leurs conséquences sur le bassin. Des propositions concrètes de postures sont présentées, sans néanmoins être dogmatiques.
Tout au long de cet ouvrage, les illustrations, principalement des dessins réalises par l'une des deux auteures, sont claires et précises. Des propositions pratiques afin de repérer les éléments d anatomie sur soi-même, les imaginer ou expérimenter l'effet de positions sur la configuration du bassin, sont ajoutées a maintes reprises. Un Index des mots utilisés renvoyant a leur définition est placé en fin d'ouvrage, suivi d'une page de bibliographie.
Cet ouvrage précis et facile à lire peut être utile aux professionnels de la naissance. Ils peuvent aussi mieux comprendre et expliquer l'anatomie en rapport avec les mouvements du bassin, dont les notions sont difficiles a bien percevoir Les futurs parents peuvent aussi y trouver des conseils et des Informations pour mieux connaître le corps de la femme et mieux se préparer à l'accouchement.
Question Parents
Cet ouvrage aborde toutes les aspects, physiologiques et pratiques du chant prénatal. Il en explique le pourquoi et le comment, à chaque étape de la grossesse. Les ateliers de chant prénatal proposent des exercices originaux basés sur la voix et la respiration qui permettent aux femmes enceintes de s'approprier pleinement de leur grossesse et cet événement majeur et unique qu'est l'accouchement.
Graphos (blog)
Les éditions Atelier Perrousseaux, qui nous ont déjà gratifiés de deux superbes volumes d’une Histoire Typographique qui est devenu un ouvrage de référence incontournable sur le sujet, viennent de faire paraître un nouvel ouvrage sur un sujet fort peu traité par les historiens de la typographie, j’ai nommé la « lettre française d'art de main » ou « lettre façon d'écriture », plus connue sous le nom de « lettre de civilité ». À la frontière de la typographie et de la calligraphie, ces lettres sont calquées sur une des cursives de l’époque et servaient à imprimer notamment des manuels éducatifs. On les composait dans ce caractère bien particulier en se disant qu’il était plus facilement lisible à l’âge où l’on apprend à lire et à écrire justement cette cursive scolaire. En dehors de l’ardu problème typographique qui consiste à rendre par des rectangles de plomb toutes les subtilités d’une cursive avec ligatures, trait continu et caetera, ces lettres sont très esthétiques et loin, dans leurs formes, des caractères romains et italiques auxquels une typographie plus classique nous a habitués et plus proches d'une cursive gothique que nous étudierons bientôt chez Graphos.
Découvrez donc dans cet ouvrage les liens qui ont perduré tardivement entre typographie et calligraphie, les influences réciproques (si, si) entre ces deux modes de production du texte écrit, cela vous donnera bien des idées et des modèles desquels vous inspirer pour calligraphier ce caractère un peu oublié du corpus calligraphique habituel. Les nombreuses illustrations sont accompagnées d’un texte remarquable de Rémi Jimenes qui met parfaitement en valeur à la fois la naissance, l'évolution et l’utilisation typographique de ce caractère mais aussi les influences de et sur la calligraphie de cette cursive, bien loin des modes d'inspirations qu’y puiseront plus tard Hermann Zapf ou Alan Blackman.
Bref, pour une fois un ouvrage qui met en lumière les nombreuses interrelations entre typographie et calligraphie et une bien belle source d’inspiration pour nous autres scribes.
>[Sylvie Litté]
La sortie du beau livre de Rémi Jimenes sur les caractères de civilité était attendue avec impatience par de nombreux bibliophiles. Il vient heureusement compléter la série d’ouvrages d’Yves Perrousseaux sur l’histoire de la typographie.
La tâche était ambitieuse, aucun ouvrage en langue française de cette ampleur n’avait encore couvert le sujet, un comble pour un art typiquement français !
Sa lecture est un vrai plaisir ; on y apprend des tas de choses sur les « lettres françaises d’art de main », des origines à ses développements successifs (je dirais même ses mutations) jusqu’au XIXe siècle. On savait le style de ces caractères dérivé des écritures de chancellerie. Une nostalgie de copiste, pourriez-vous penser, que nenni ! Il s’agissait, au contraire, d’une volonté délibérée des humanistes de la Renaissance de « faire moderne » et d’affirmer la grâce et le caractère (c’est le cas de le dire !) des lettres françaises sur les italiennes.
Si Geoffroy Tory, le précurseur, défend la langue française, qui n’a rien à envier en beauté à la latine, c’est pourtant aux caractères romains qu’il s’attache à fixer les justes proportions. Il avait bien envisagé de traiter en parallèle des lettres françaises: « Si j’eusse pu trouver mention par écrit de nos susdites lettres de forme et bâtardes … je les eusse mis en ordre selon leur due proportion ». Et oui, seulement, il ne risquait pas d’en trouver en 1529, le bougre, puisque c’est Robert Granjon, en 1557, qui, le premier, publia un ouvrage en cursive gothique !
A l’origine de toute typographie il y a une écriture manuscrite que le graveur prend pour modèle, le style italique de Griffo des éditions aldines cherchait aussi à se rapprocher de l’art inimitable de la main. Mais les caractères de civilité se rapprochent plus fidèlement encore de la souplesse des lettres cursives ; à l’origine, ce sont des variantes de la gothique bâtarde (ce qui est plutôt paradoxale car l’écriture gothique n’était plus à la mode depuis quelques décennies, au point que Pétrarque écrivait déjà qu’elle avait été inventée pour autre chose que pour être lue !). Ensuite, il faut un modèle, les Maitres d’écriture royaux sont de bons candidats ; Pierre Habert, calligraphe et valet de chambre du Roi, a pu inspirer Granjon, tandis que Pierre Hamon, calligraphe réputé, a inspiré Philippe Danfrie.
Il faut avoir l’œil exercé pour distinguer tel type à tel autre, mais comme les autres ouvrages de la série, celui-ci est très pédagogique et il vous donne l’inventaire des différents types, comme ceux de Granjon, par exemple : les capitales, les bas de casse, les ligatures, les finales. Voilà l’art de main décodé !
Cette nouvelle typographie sera contrefaite malgré le privilège dont bénéficie Granjon pour 10 ans, et se diffusera rapidement, en France mais aussi à l’étranger, notamment dans les pays du Nord. Pourtant, le caractère de civilité ne parviendra jamais à supplanter les lettres romaines. Il est d’un usage plus difficile pour l’imprimeur, et le crénage des types les rend fragiles à la presse.
Ce que le livre de Rémi Jimenes montre bien c’est la fortune en dent de scie de cette typographie. A la mode de 1560 à 1620, elle disparait presque complètement au XVIIe siècle, pour revenir en force au début du XVIIIe siècle. Seule exception confirmant la règle, le météore Pierre Moreau, qui invente une nouvelle typographie tirée des arts de la main, selon une démarche proche de celle de Robert Granjon. Mais il appartient à la corporation des Maitres-écrivains et non à celle des imprimeurs et son expérience sera vite brisée par ces derniers.
Le gothique cursif s’offre donc un come back tonitruant dans les années 1730 grâce à Jean Baptiste de la Salle, le fondateur des Ecoles Chrétiennes, qui publie en 1703 Les Règles de la Bienséance et de la Civilité Chrétienne. Cette fois le pli est pris, il deviendra difficile ensuite de publier un livre de civilité qui ne soit pas composé avec ces caractères, sauf bien plus tard, lorsque les éditeurs ne verront plus de motifs à suivre un style que plus personne n’utilise et ne lit facilement. C’est l’âge d’or de la civilité, plus de 200 ouvrages ont été comptabilisés entre 1703 et 1863 !
Les lettres sages et bien alignées de Granjon et de ses suiveurs étaient principalement réservées aux textes officiels, aux ordonnances, privilèges et autres épitres dédicatoires, mais le Gothic Revival de la période suivante touchera surtout les éditions populaires et la production de colportage : mauvais papier, souvent manipulés par les enfants, reliures modestes (si on excepte le maroquin bleu de Duru pour l’exemplaire du Baron Pichon des Règles de la Bienséance !). Ces manuels faisaient coup double, celui d’enseigner les règles de savoir-vivre en même temps que l’écriture manuscrite. L’ouvrage montre bien les cousinages entre la typographie de civilité et les manuels de calligraphie destinés à enseigner l’art de bien former les lettres, la ronde et la bâtarde.
On regrette juste que cette partie consacrée aux productions proprement calligraphiques des Maitres-écrivains, les Louis Senault, les Honoré-Sébastien Roillet, etc, ne soit pas plus développée. Sans doute par ce que leurs ouvrages étaient plus souvent gravés que typographiés.
A la fin de l’ouvrage un appendice donne un inventaire utile des principales éditions de livres scolaires rédigés avec des caractères de civilité, depuis les Règles de la Bienséance de JB de la Salle, pour qui voudrait commencer une collection de ces impressions pittoresques.
Impossible de traiter sur une seule page, fut-elle internet, de toute la richesse du livre de Rémi Jimenes, Le mieux reste de le lire. Bon, je vous laisse, et j’y retourne…
Il est bien trop rare que les éditeurs modernes –entendons, les éditeurs d’aujourd'hui– accordent suffisamment d’importance à la «mise en livre» des manuscrits qui leur sont confiés. Pourtant, les travaux d’histoire du livre montrent bien non seulement que le texte ne saurait exister seul, mais que le livre en tant qu’objet apporte au lecteur, par les dispositifs matériels qu’il met en œuvre, bien autre chose que le seul texte. «Mettre en livre» avec compétence et élégance un livre qui traite précisément d’un aspect de la «mise en livre», à savoir l’histoire du caractère typographiques, est tout particulièrement bien venu.
On ne peut par conséquent qu’être reconnaissant à l’éditeur Atelier Perrousseaux de l’ouvrage que Rémi Jimenes a consacré aux Caractères de civilité d’avoir réussi à nous offrir un livre dont l’élégance formelle se combine avec un contenu textuel de qualité. L’étude de la typographie et des caractères reste trop peu développée en France, et encore mal intégrée aux travaux d’histoire générale du livre –une exception remarquable étant bien évidemment celle du Musée de l’imprimerie dirigé par Alan Marshall à Lyon. L’exposition d’Écouen sur Geoffroy Tory et son Champfleury constitue aussi, en ce moment même, une excellente occasion d’approcher ce domaine.
Rémi Jimenes, doctorant au CESR de Tours, définit les caractères de civilité, alias lettre française d’art de main, comme « une typographie gothique reproduisant l’écriture cursive qu’employaient les hommes de plume français au milieu du XVIe siècle » (p. 10). Histoire et civilisation du livre donnera de cet élégant volume un compte rendu circonstancié, mais le sommaire que nous publions ci-dessous donne une bonne image d’un contenu présenté à la manière d’une pièce de théâtre classique.
Les diverses éditions des Jeux Olympiques d'hiver ont été le décor privilégié de nombreux athlètes pour inscrire leurs plus belles performances dans la légende du sport hivernal. C'est ce que nous rappelle ici Eric Monnin, professeur français d'éducation physique à l'Université technologique de Belfort-Montbéliard et ancien champion de judo, au fil des chapitres de son histoire des Jeux Olympiques d'hiver. Il décrit la place essentielle de cette compétition sur la scène sportive internationale, de la première édition tenue en 1924 à Chamonix jusqu'à nos jours. Tout en privilégiant une approche historique, l'auteur n'en néglige pas pour autant l'aspect émotionnel indissociable à la compréhension de toute compétition sportive. En effet, les pages vous font vivre le bonheur et le désarroi des athlètes au cours des diverses éditions des Jeux. Richement documenté par des images d'archives du Comité International Olympique, De Chamonix à Vancouver: un siècle d'Olympisme d'hiver est une lecture qui s'adresse aux curieux, mais également aux passionnés souhaitant parfaire leurs connaissances des sports et des Jeux Olympiques d'hiver.
Article paru dans Le Point n°2009 du 17 mars 2011 !
Aricle dans la revue Plume mars-mai 2011
Madame Vigot-Lagandré présentée par le journal l'Indépendant ! Honneur aussi aux légumes !
Article de "La Marseillaise"
Le Pays de Forcalquier-Montagne de Lure est ancré dans l'histoire de la typographie. Le village de Lurs y accueille «Les Rencontres Internationales de Lure», créées en 1952 par MaximilienVox et, plus récemment, la Communauté de Communes a été labellisée «Pays du Livre et de l'écriture», dans le but de fédérer les professionnels du livre et de leur donner les moyens d'exercer leur activité. Après avoir habité Forcalquier, YvesPerrousseaux est maintenant installé à Reillanne: «Actuellement à la retraite, j'occupe mon temps, avec un plaisir certain,à réaliser une Histoire de l'écriture typographique, en plusieurs tomes, de Gutenberg ou 20' siècle». Le Bas-Alpin explique qu'«une telle démarche n'avait pas été réalisée depuis les travaux de FrancisThibaudeau au début des années 1920. Je veux transmettre, d'une façon didactique, ce patrimoine culturel mal connu, en France du moins,qui a fixé à travers les époques,les modes et l'évolution des techniques, la pensée de l'homme dans le livre et d'une façon plus générale dans l'imprimé». L'ensemble de cette Histoire de l'écriture typographique, en plusieurs volumes,est conçu pour proposer une vision générale et complète du sujet. C'est en quelque sorte une véritable encyclopédie de la typographie,et c'est une première dans le monde.«De gros problèmes de santé m'ont fait perdre plus de deux ans,continue YvesPerrousseaux. Mais que les lecteurs se rassurent : le troisième volume vient de paraître, le quatrième est en préparation,il sera consacré au 19e siècle...»
L'atelier Perrousseaux l'éditeur vient de s'offrir une cure de jouvence et arbore, désormais un nouveau logo, remis à jour de la première livrée créée par YvesPerrousseaux à la fin des années 1960,dans le que l'on retrouve toujours le hibou,vénérable emblème de la maison. Ce changement n'est pas uniquement cosmétique, puisqu'il préfigure la nouvelle ligne éditoriale de Perrousseaux pour 2011. En effet,outre les ouvrages de typographie et de graphisme qui continuent d'être le cœur de la collection, l'année qui vient verra arriver également deux nouvelles sous-catégories au sein du catalogue: Bandes dessinées et Internet. La collection Bandes dessinées présentera des ouvrages d'analyse et de réflexion autour du 9"art, point de convergence logique des thèmes chers à l'atelier Perrousseaux (l'image et le langage) ; les deux premiers titres,Entre l'élite et la plèbe de Jean-NoelLafargue et L'espace blanc entre les cases de StéphaneDeschamps, sortiront en fin d'année 2011. L'autre nouveauté, la collection Internet, aura pour but d'éditer des ouvrages de typographie adaptés et destinés aux développeursWeb, répondant clairement à des problématique en perpétuelle évolution. Les deux premiers titres, qui traiteront de la Lisibilité de la typographie sur Internet et des Grilles & de la macro-typographie de la page Web, signés respectivement par AurélienFoutoyet et Anne-SophieFradier, seront publiés à la fin 2011.
Topoguide du corps humain
Article paru dans "Décision santé" du mois de décembre 2010
LE LIVRE DU MOIS
Comment palper le corps
Loin des traités anatomiques à la française, voici un ouvrage d'un nouveau genre. Il ne vise pas l'exhaustivité. L'objectif pédagogique est plutôt d'apprendre au lecteur à repérer, puis à palper les différentes structures. L'ensemble des viscères et organes sont donc écartés. En revanche, le lecteur est conduit peu à peu à reconnaître les différents systèmes musculaires et squelettiques.
À la manière des sentiers de randonnées, il s'agit ici d'explorer le corps humain à la manière d'un territoire inconnu. Au-delà de nombreuses astuces pédagogiques, la lecture est largement aidée par 1200 dessins. Si l'ouvrage est destiné en priorité à des ostéopathes et autres massothérapeutes, il sera utile à de nombreux soignants curieux de ces nouvelles thérapies.