Petit traité de l'asperge
- Collection : Les traités
- Thèmes : Cuisine, , ,
- nbpage : 176
- format : 14 x 22 cm
- ISBN : 978-2-36402-219-5
- Precio : 19.50 €
Tout le monde de l'asperge en cent recettes !
Tout le monde de l'asperge en cent recettes !


Après la choucroute, l'asperge. L'ancien chef munstérien Martin Fache retrouve le chroniqueur gastronomique Pierre-Brice Lebrun pour disserter sur cette plante potagère dans un ouvrage où se mêlent recettes et anecdotes.
Le livre sort judicieusement avec le lancement de la saison des asperges en Alsace. Ce petit traité sur cette plante comestible fait suite à celui sur la choucroute que les deux mêmes auteurs, le chef Martin Fache et le chroniqueur gastronomique Pierre-Brice Lebrun avaient commis il y a trois ans. Et sur le même principe, ils livrent un travail à la fois culinaire (une bonne centaine de recettes), historique, économique, et toujours avec une pointe d'humour.
L'asperge, dont on apprend qu'elle pousse partout, de Camargue au Chili en passant par Québec et la Chine, premier producteur mondial avec plus de 7 millions de tonnes essentiellement destinées à l'industrie, se savoure chaude ou froide, en entrée ou en accompagnement d'une viande ou d'un poisson et même en dessert. Un légume polyvalent en résumé. Le commun des mortels la poêle avec une noisette de beurre ou la cuit à l'anglaise et la sert avec une sauce. Sur ce point, Pierre-Brice Lebrun nous raconte comment deux académiciens du XVIIIe siècle, Bernard Le Bouyer de Fontenelle et Jean Terrasson se sont querellés « sur la meilleure façon d'accommoder les asperges », l'un préférant 1à la vinaigrette et l'autre à la flamande, avec du beurre donc.
Avec sauce, à l'asiatique, sucré-salé...
L'ancien chcf de l'Agneau d'Or à Munstcr, a fait appel à ses amis -Tony Billon, Alain Studer, Gilles Seiler, Bertrand Welte ou encore Didier Eckert - pour nous proposer une multitude de plats. On ne déroge pas aux traditionnelles recettes avec une sauce (mayonnaise, gribiche, ravigote, verte, hollandaise... ). Mais très vite, au fil des pages, on sort des sentiers battus, à l'image de celles qui associent les saveurs asiatiques à l'asperge, qu'elles soit vertes, blanches ou violettes. L'asperge est en rouleaux de printemps, sautée aux gambas ou préparée avec du gingembre façon chutney.
Évidemment, l'Alsace n'est jamais loin avec Martin Fache dont l'un des plats emblématiques, quand il officiait à Munster, mêlait asperges blanches et oreilles de cochon grillées le tout servi sur un lit de roquette ou de mâche. Rarement, Martin Fache se contentait d'associer l'asperge aux trois jambons. En revanche, il aimait les cuisiner poêlées avec un œuf parfait, quelques morilles et du parmesan.
Sur France Inter ce dimanche 6 avril avec François-Régis Gaudry.
Le livre suggère aussi quelques déroutantes recettes sucrées : une glace aux pointes d'asperges confites, un sorbet, un beignet d'asperge accompagnée d'une mayonnaise fraise, une panna cotta fraise, asperge et crumble de cacao. Récemment, un de ses petits-enfants a été conquis par son confit d'asperge, où le safran apporte une pointe d'exotisme. « Parfait avec un fromage de brebis »
Durant une bonne heure, ce dimanche 6 avril, les deux auteurs, reçus sur France Inter par le chroniqueur vedette François-Régis Gaudry, vont pouvoir disserter sur cette plante merveilleuse. Martin Fache apportera justement son confit mais également un kougelhopf aux asperges, recette de Henri Wabnitz, vice-président de la confrérie de l'asperge de Village-Neuf.
Article de Nicolas Roquejeoffre.


D'Anatolie à nos étals de marché : la folle épopée de l'asperge
Le printemps signe le retour sur les étals de l'asperge. Ce légume surprenant aux nombreux bienfaits pour la santé se mange le plus souvent froid, avec un filet de citron et d'huile d'olive, ou une généreuse mayonnaise. Mais elle est bien plus que ça.
Ah, l'enfance. Toujours elle, quand il s'agit d'aller au bout d'une idée folle. Pour Pierre-Brice Lebrun, c'était d'écrire un audacieux Petit traité de l'asperge. « Les asperges à la flamande et la crème d'asperges de mamy, à Liège, en Belgique » l'ont initié. Puis, un déménagement en plein cœur du domaine de l'asperge des sables des Landes – dont il guette chaque année l'arrivée – finit de le convaincre. Voici qu'avec Martin Fache, chef cuisinier, ils décident de consacrer un ouvrage à l'asperge. « J'ai déjà eu le plaisir d'écrire le Petit traité de la choucroute [avec lui]. Il cuisine de toutes les manières possibles l'asperge d'Alsace. »
« Probablement originaire d'Asie Mineure, c'est-à-dire d'Anatolie (ou? est également née la vigne), l'asperge aurait traverse? le proche et le Moyen-Orient pour s'installer aux pieds des pyramides d'Égypte, retrace Pierre-Brice Lebrun. Nous n'avons pas réellement de preuves de son existence en Égypte, mais nous sommes sûrs que les Grecs et les Romains en consommaient. »
Arrivée dans nos contrées « via les ports du Nord, d'Amsterdam, d'Hambourg, d'Anvers », l'asperge est peut-être aussi venue de Dunkerque : « les premières variétés s'appelaient "de Hollande", "d'Ulm" et "de Darmstadt". Ce qui évoque un voyage par le Rhin. C'est sûrement par-là qu'elle est arrivée en Alsace, comme la choucroute. Mais elle descendait, alors que la choucroute montait, si ça se trouve, elles se sont croisées », ironise-t-il.
Elle est superbe avec les petits pois, et elle s'entend à merveille avec la fraise.
« En 1860, Louis Isidore Victor Lhérault, viticulteur, horticulteur, cultivateur et asparagiculteur, crée, avec Antoine Dingremont, une nouvelle variété, sobrement appelée asperge blanche d'Argenteuil, hybridée avec des plants arrivés des Pays-Bas. » Il développe aussi une façon de la cultiver, butée, en rangs serrés, c'est ce qui va démocratiser l'asperge et en développer la culture. Si elle se marie avec tout, Pierre-Brice Lebrun la préfère avec le merlu koskera du Pays basque.
La recette flamande
De son côté, si Martin Fache la « cuisine beaucoup », précise-t-il. Il aime cette recette d'asperge à la flamande. « Peler et laver 20 asperges blanches de beau calibre. Les cuire à l'anglaise. Elles doivent être fermes, mais pas trop. Cuire six œufs mollets, les plonger délicatement dans l'eau bouillante, les sortir au bout de 5 minutes 30. Les rafraîchir rapidement dans de l'eau glacée. Faire fondre 300 g beurre à feu très doux. Émincer finement le bouquet de persil. Écaler les œufs (plus vite ils auront été refroidis, plus ce sera facile), les écraser a? la fourchette dans le beurre fondu, ajouter le persil. Saler, poivrer. Râper un peu de muscade, et dresser. À servir avec des pommes de terre vapeur, ou des croquettes de pommes de terre ».
À noter que l'asperge est « zéro gaspi » : « avec les épluchures et l'eau de cuisson, on fait une soupe, avec les queues, quand elles sont un peu sèches, des tartes ; avec les morceaux tordus, des conserves pour l'apéro ».
