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La Nef février 2012

Rédigé le mercredi 1 février 2012

Voilà l'un des textes les plus forts écrit en faveur du dimanche.
Après avoir démonté le faux argument de la liberté, l'auteur propose "une synthèse objective du
fondement, du sens et de l'influence" du dimanche (Mgr Rey dans sa préface).

Auteurs associés :

BODENEZ Hélène


Graphé

Rédigé le mercredi 1 février 2012

Il faut savoir s'émerveiller de tout ce que sa main sait faire, disait Jacques Zvobada à ses élèves paralysés devant l'immaculée perfection de la feuille de papier. C'est, en effet, une richesse exceptionnelle, vide et pleine à la fois; pleine d'un silence tendu jusqu'aux limites du format, ouvert et accueillant, vide de toute trace, en attente du premier geste.

Comme l'épingle qui perce la peau rebondie du ballon de baudruche et le fait exploser, la première trace qui conditionnera la suite, déclenche les tensions qui partagent aussitôt l'espace et engagent le dessinateur. Si le carnet de croquis et son petit format ne posent que peu de problèmes, la feuille grand-aigle est plus impressionnante car elle mobilise tout le corps : Roger Druet parle

D'habitude, le scribe, pour dominer et optimiser sa graphie, s'installe devant son pupitre comme le virtuose s'assied devant son piano: épaules parallèles à la largeur de la feuille, torse droit, pieds à plat; les jambes servent à caler tous les mouvements intempestifs; seuls,l'avant-bras et la main qui écrit, peuvent bouger. Assurée et contrôlée cette main est alors capable de répéter des parallèles, droites ou courbes, des verticales ou des horizontales, des boucles ou des pentes; elle délivre des pleins uniformes ou modulés quand elle pèse; quand elle s'allège et ralentit, elle offre un délié: le répertoire homogène des formes constitue un style d'écriture. Ainsi, ligne après ligne, le scribe réalise l'image d'un texte à lire, dans une écriture qui ne doit pas être une distraction pour l'½il du lecteur, ce qui détournerait le cerveau de son activité de déchiffrement. L'écriture invisible a précédé la typographie invisible ... Pour autant quelques signes écrits seront prétexte à des amusements: à la fin des vers, les paraphes amplifient le geste de la main, au-delà du module proposé; l'esperluette aussi qui évoque l'oiseau, vive, souple, aérienne, objet de concours entre scribes ou thèmes de variations multiples à l'intérieures des lignes, pour libérer la main du scripteur, manifestations évidentes de sa joie, instants de bonheur

Roger Druet, devant un grand format, adapte l'am-pleur des gestes et l'échelle des signes: son abécédaire noir et blanc, exploite chaque lettre: répétitions, alignements, décalages, tricotent une disposition faussement aléatoire. On ne lit plus, on contemple du A jusqu'au Z, un alphabet inattendu, dense et dynamique que célèbre Jérôme Peignot, tirant son chapeau devant les A, admirateur amusé des B, colonies de pingouins, jusqu'à l'essaim d'abeilles des Z. Et comme quelquefois l'envers vaut l'en-droit,les G en bon ordre, dessinés sur un calque, vous invitent à traverser le miroir et la magie opère. Poèmes lettristes en quelque sorte, sonores, énergiques et souples à là fois, ils annoncent la peinture de Roger Druet: les couleurs puissantes de l'acrylique qui structurent des mètres-carrés, installent dans chaque format, 100 x 100 cm assez souvent, un climat spécifique et volontaire, vérifiable dans la rédaction des titres qui les accompagnent. La mise en scène précise, les partages de surfaces, la matière intentionnelle, construisent un décor propice à la danse choréGraphique, génératrice de signes voluptueux, nourris de la gestuelle alphabétique sans doute, mais réinventés, autonomes et adaptés au thème abordé.

Principale difficulté: inventer des outils efficaces,larges mais étroits quand ils tournent, souples mais résistants pour encaisser la force des gestes, porteurs d'encre ou de peinture en quantité suffisante pour autoriser la totalité d'une trajectoire à la main. Se méfier ensuite de son propre corps qui normalise le rayon du cercle à la rotation du poignet, aux balancements du seul avant-bras, ou du bras tout entier. La variété et la richesse des formes inscrites dépendent directement du pouvoir de refuser cette gestuelle naturelle, aux résultats répétitifs et systématiques.

L'alchimie joyeuse des compositions graphiques facilite la rencontre de ces peintures. Druet parlant de l'allégresse de l'écriture précise : Seul je jouis de l'immensité de la page. Si la réduction des ½uvres présentées dans le catalogue de son exposition lyonnaise au Musée de l'Imprimerie de Lyon, alimente une frustration chez les amateurs, elle développe l'envie de les voir bientôt à Paris en vraie grandeur. Attendons .

Ouvrages associés :

L'allégresse de l'écriture

Auteurs associés :

DRUET Roger


Vélo tout terrain

Rédigé le samedi 28 janvier 2012

Un des meilleurs pilotes professionnels, Brian Lopes, vous apprend à maîtriser votre technique du VTT, quelque soit l'état du terrain, les conditions du parcours, votre discipline et votre niveau

Auteurs associés :

LOPES Brian, McCORMACK Lee


Gourmets & Co

Rédigé le mardi 10 janvier 2012

Écrire un livre, même petit, sur le pois chiche est déjà une idée pour le moins saugrenue mais le lire de surcroît révèle chez le lecteur une approche de l'existence en général et de la nourriture en particulier qui frôle l'inconscience. Le pois chiche ! Un monde à lui tout seul, d'ailleurs, n'a-il pas la forme du globe terrestre ? On a un certain mérite à l'aimer car l'approche n'est pas facile. Il n'est pas d'une beauté transcendante, un peu sec dans les rapports, il faut s'en occuper comme un bébé, le tremper, le mouiller, le sécher, le cuire longtemps, l'assaisonner, le réduire en purée, ou que sais-je encore. Pierre-Brice Lebrun lui, sait. Il aime le pois chiche au point de s'identifier à lui et d'écrire son livre à la première personne. Il se prend donc pour un pois chiche, ce qui est un cas médical rare ! Mais quelle récompense ! Ils sont manifestement fait l'un pour l'autre et le livre est une véritable histoire d'amour entre un homme et un pois chiche. Pas évident sexuellement, mais pour le reste c'est un régal. L'histoire, des origines au fond du Moyen-Orient à nos jours dans le Lauragais, est un panorama gourmand des cuisines du pourtour méditerranéen où le pois chiche a été, est, et sera un des éléments essentiels. Les recettes du livre illustrent parfaitement l'importance de ce Pisum, un fabacée de la famille des Fabeae, dans les tajines, chorba, soupes, falafels, houmous et autres soccas niçoises ou panisses marseillais, mais aussi dans des préparations moins connues mais fort appétissantes. À vous de goûter. Un livre unique dû au talent de conteur, aux connaissances, à la passion et à l'humour décalé de l'auteur. Plus qu'un livre de recettes, c'est un livre de culture et de civilisation. Le pois chiche ne serait-il d'ailleurs pas le meilleur lien de toutes les cultures méditerranéennes ? Un aliment en commun est déjà le début de la compréhension et donc...Faisons un rêve.

Auteurs associés :

LEBRUN Pierre-Brice


Consom'action janvier-février 2012

Rédigé le dimanche 1 janvier 2012

Ce n'est pas parce qu'on est allergique au gluten qu'on doit se priver de bons gâteaux ! Florence Bourquard a passé 30 ans à expérimenter les farines spéciales pour que son grand frère ne se sente pas exclu. Dans ce petit livre très sympa qui fleure bon la cuisine familiale créative et savoureuse, elle partage des recettes de cakes, quiches, pains et gâteaux, classées par type de farine

Auteurs associés :

BOURQUARD Florence


Caractères décembre 2011

Rédigé le jeudi 1 décembre 2011

Le sujet central de cet ouvrage est de présenter les relations entre typographie et écriture manuscrit. L'auteur articule son propos en deux partie. La première période voit la création des ac--caractères de civilités en 1557 suivie de leur disparition des presses au début XVIè siècle. En 1703, les voici à nouveau sous les feux de la rampe, lorsque paraît le manuel colaire destiné aux jeunes enfants : Les règles de la bienséance te de la civilité chrétienne, de Jean-louis Baptiste de La salle. Le succès est tel que le caractère ne va plus être employé que pour la composition des manuels de savoir-vivre, auxquels il emprunte son nom". Cette cursive gravée à l'origine par Robert Granjon, à laquelle on a donné le nom de "lettre française" imitant l'écriture manuscrite, souple et calligraphique, utilisée utilisées par les hommes de plume (...)

Auteurs associés :

JIMENES Rémi


Revue Suisse Imprimerie

Rédigé le mardi 15 novembre 2011

tm rsi stm oct 2011

Rédigé le mardi 15 novembre 2011

L'ouvrage de David Rault, directeur de collection à l'Atelier Perrousseaux, consacré à Roger Excoffon et sous-titré «Le gentleman de la typographie », est fort différent du livre édité par Ypsilon sur l'½uvre du même designer (RSI No 1-2/2011). Au côté scientifique et rigoriste du premier ouvrage (doté d'une mise en pages épurée) répond la présentation grandiloquente, voire criarde, du second. Ce qui ne veut pas dire que ce dernier manque d'intérêt! Il est relativement complémentaire, explorant le côté graphique que n'avait qu'effleuré le livre paru l'an dernier, concentré sur les caractères et la Fonderie Olive. L'aspect humain du concepteur français, né en 1910, est particulièrement mis en évidence (renforcé par l'insertion d'un cahier de seize pages intitulé «L'album Jean Dieuzaide» -un photographe des années soixante qui, sous le pseudonyme de Yan, avait promené son objectif aux Rencontres internationales de Lure).

Dès la présentation liminaire, le texte est fondé sur un entretien remontant à 1977 (et resté inédit), transcrit par François Richaudeau. Autre particularité précieuse, des témoignages apportent un éclairage bienvenu. Ils sont dus à FHK Henriod (1986), Peter Knapp, Massin, l'artiste gestuel Georges Mathieu, José Mendoza, Hrant Papazian, Yves Perrousseaux, Jean-François Porchez, François Richaudeau, Maximilien Vox (1986). Quelques textes qu'avait rédigés le designer explicitent également une démarche originale et marquante.

Le point fort du nouvel ouvrage est constitué par une iconographie abondante et de qualité, renfermant notamment, outre les caractères, les réalisations publicitaires, voire artistiques d'Excoffon. Plusieurs planches, tirées de diverses archives, sont reproduites pour la première fois. Prospectus, logotypes, affiches, couvertures (une douzaine de la revue Techniques graphiques, entre 1956 et 1970), sont passés en revue. Quant aux dessins de Charles Berberian, je m'interroge ... Ne troublent-ils pas l'½uvre présentée?

De ce créateur typographique, qui a conçu une palette légendaire d'écritures, l'auteur écrit que même si «ses caractères n'avaient pas la poly-valence des alphabets suisses, ils étaient entiers, habités d'une force et d'une personnalité peu communes; ils furent utilisés massivement dans les années 1950 et 1960 ... ». En conclusion, on se plaît à constater que c'est également l'affichiste, le publicitaire, l'artiste et le président des rendez-vous lursiens qui, pour no· tre plaisir, revit dans ces pages hautes en couleurs.

Auteurs associés :

RAULT David

Libération

Rédigé le jeudi 3 novembre 2011

Un article intéressant :

Dans son excellent "Petit traité des sauces" ( ed. Le Sureau 2011); Olivier Gaudant nous explique que la sauce hollandaise, cousine de la béarnaise, a des origines très confuses. "Beaucoup y voient une sauce que les huguenots français emportèrent avec eux en Hollande, lors de leur exode au XVIIe siècle, écrit-il en citant également "Le Vieux cuisinier françois" de La Varenne (1721) où l'on trouve "une sauce douce accompagnant les asperges, qui ressemble curieusement à la sauce hollandaise".

Quoi qu'il soit, on peut estimer qu'en politique la sauce hollandaise a véritablement pris le 16 octobre, au second tour des primaires socialistes. Dans le numéro de Elle daté du 28 octobre, Valérie Trierweiler rend un vibrant hommage à son gâte-sauce de compagnon qui "a réussi ce tour de force de réunir tous les ennemis d'hier. Ca m'épate, il m'épate!", s'exclame-t-elle. Lier les tendances dures et molles Cela dit, il faut raison gardée après un tel succès car la sauce hollandaise est une préparation instable et fragile. Elle appartient en effet à cette catégorie savoureuse mais casse-gueule dite des "émulsions" qui consiste à mélanger ensemble deux éléments liquides non miscibles (qui d'ordinaire ne mélangent pas ou mal, ici le beurre fondu et le jus de citron) grâce à un agent émulsifiant, ici le jaune d'oeuf. Au Parti socialiste, la tâche de l'émulsifiant Hollande pour lier les tendances dures et molles de la gauche tout au long des six mois à venir n'est pas des plus simples avec des ingrédients aussi peu miscibles que Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Il faut à tout prix que François Hollande évite la surchauffe qui est la plaie majeure de la sauce hollandaise. Aussi, on ne saurait trop lui conseiller le recours au bain-marie pour obtenir une température constante et prévenir la surchauffe des jaunes d'oeufs qui coagulent au delà de 60 degrés.

"La cuisson doit être la plus régulière possible, tout changement de température provoquant la décomposition de la sauce", expliquait à propos de la sauce hollandaise le regretté chef Bernard Loiseau dans ses "Trucs, astuces et tours de main" (ed. Hachette, 1996). On ne saurait suggérer meilleur ligne de campagne électorale. Et l'on pourra aussi toujours méditer cette maxime attribuée à Alfred Hitchcock et reprise par Olivier Gaudant dans son "Petit traité des sauces": "Un meurtre sans des ciseaux qui brillent est comme des asperges sans sauce hollandaise. Sans goût."

Auteurs associés :

GAUDANT Olivier


Grain de sable

Rédigé le mardi 1 novembre 2011
Auteurs associés :

DE BONNEVAL Patrice


Blog Thierry Savatier

Rédigé le lundi 17 octobre 2011

Qui, hors de la communauté scientifique, sait qu'il existe au Liban d'extraordinaires ressources de fossiles marins ? Pourtant, dans les montagnes qui surplombent la ville de Byblos (aujourd'hui Jbeil, à 38 km au nord de Beyrouth), s'étendent plusieurs carrières de pierre calcaire qui renferment ce que les paléontologues appellent un « gisement à conservation exceptionnelle » - l'un des plus riches au monde.

Acteur incontournable de ce domaine, Pierre Abi Saad maîtrise parfaitement son sujet. Ce scientifique sympathique explique depuis des années aux visiteurs de sa boutique-musée (située près de la citadelle) l'histoire géologique de la région, raconte la découverte, par son grand-père, des carrières dont sa famille est devenue propriétaire et présente les pièces les plus rares de sa collection.

Que l'on ne s'y trompe pas, son enthousiasme n'est pas celui d'un bateleur qui ferait sans scrupule commerce du patrimoine national. C'est celui d'un passionné qui, avec rigueur, conserve systématiquement au Liban les dix plus beaux spécimens de chaque espèce qu'il exhume avec ses équipes ; seuls les autres pourront être vendus aux musées étrangers ou aux collectionneurs. En outre, Pierre Abi Saad passe une grande partie de l'année à accueillir des missions scientifiques du monde entier (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, etc.), venues effectuer des fouilles et identifier les espèces présentes. D'ailleurs, le jour où il m'a conduit sur le gisement d'Haqil, situé dans une zone d'accès difficile, à environ 700 mètres d'altitude, nous étions accompagnés d'un professeur et d'un doctorant du Muséum d'Histoire naturelle de Paris ainsi que de deux archéologues.

Les fossiles libanais ont une histoire déjà ancienne. Lorsqu'au IVe siècle, l'évêque Eusèbe de Césarée découvrit que des poissons fossilisés se trouvaient dans ces montagnes, il y vit une preuve irréfutable du Déluge. Durant les Croisades, le Sire de Joinville, qui fit le même constat, en tira des conclusions similaires. Depuis, la légende biblique s'est effacée devant les progrès de la science. Celle-ci nous explique qu'au Crétacé - et très exactement au Cénomanien (il y a 93 à 99 millions d'années) -  des pluies particulièrement abondantes précipitèrent dans la mer (alors appelée Téthys) assez d'alluvions pour que le plancton et les micro-algues se développent de manière exponentielle, au point de capter tout l'oxygène contenu dans l'eau, provoquant la mort massive de la faune marine. Poissons, crustacés, invertébrés se déposèrent ainsi sur le fond, par couches successives, chacune recouverte de sédiments. Des conditions particulières au lieu facilitèrent une vitesse de sédimentation rapide, ce qui permit un mode de conservation excellent. 50 millions d'années plus tard, la tectonique des plaques souleva le fond marin et forma les montagnes au c½ur desquelles les gisements de fossiles se trouvent aujourd'hui.

Contrairement à d'autres gisements, ceux du Liban ne recèlent pas d'animaux de taille spectaculaire (la plus grande pièce, un requin, mesure toutefois 3,80 m) ; en revanche, ils se distinguent par une biodiversité exceptionnellement riche. Pas moins de 400 espèces de poissons et 50 de crustacés ont ainsi été identifiées, sans compter quelques pieuvres et calamars, voire des tortues parfaitement conservées. Certaines espèces existent toujours (notamment le célèbre c½lacanthe), la majorité a disparu, comme ces extraordinaires raies-soleil, particulièrement décoratives. Et beaucoup d'autres sont régulièrement mises à jour. Ainsi, les deux scientifiques français rencontrés sur place avaient-ils découvert, en deux semaines de recherches, 15 types inconnus de crustacés dans ce « Jurassic Park » minéral.

En dépit de l'abondance de la faune, extraire les fossiles des strates de calcaire demande un réel savoir-faire. Sans doute faut-il maîtriser la précision du geste du marteau et du burin afin de séparer les strates de calcaire et dégager les spécimens sans les détériorer. Mais il faut aussi de l'intuition car, selon la géométrie des pierres et les infimes taches brunes qu'elles comportent, le spécialiste devinera la présence d'un fossile là où le néophyte ne distinguera rien. La chance, finalement, n'a que peu de place dans cette pêche miraculeuse. Pierre Abi Saad le reconnaît : « Des mois, parfois des années sont nécessaires pour acquérir une telle expérience. » Et, lorsqu'une pièce apparaît, tout, ou presque, reste à faire pour la rendre présentable, scientifiquement exploitable. « Une journée de fouille représente un mois de traitement en atelier », précise-t-il. En effet, les fossiles - empreinte et contre-empreinte - doivent être minutieusement dégagés - un travail de haute précision qui occupe toute une équipe aguérie à cet exercice. Car certaines plaques peuvent contenir des bancs entiers de poissons de petite taille et d'autres un seul, mais si bien préservé que l'on distingue, une fois la tâche de nettoyage réalisée, arrêtes, dents et écailles. Dans le corps de certains prédateurs, on parvient même à distinguer la proie qu'il venait d'avaler avant de mourir.

Comme pour la majeure partie du patrimoine culturel libanais, la mise en valeur des ressources fossiles doit très peu à l'Etat. Sans des initiatives privées, telle celle de la famille Abi Saad, il est probable que la communauté scientifique ne pourrait étudier ces gisements avec une telle facilité et que les touristes ne pourraient voir la collection qu'elle a constituée (le site Internet de son entreprise, Mémoire du temps, est consultable en suivant ce lien).

Pour celles et ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans cette découverte, signalons enfin l'ouvrage de Mireille Gayet, Anne Belouze, Arlette Armand, Olivier Gaudant et Pierre Abi Saad, Les Poissons fossiles (Desiris, 157 pages, 39,50 ¤). Bien qu'écrit par une équipe de scientifiques, cet essai abondamment illustré demeure accessibles à tous.

Illustrations : La famille Abi Saad, au premier rang, à gauche, Pierre Abi Saad - Le musée "Mémoire du temps" - Fouilles à Haqil - Cyclobatis (raie soleil) - Banc d'Armigatus - Tortue (photos © Pierre Abi Saad/Mémoire du temps).   

Lien vers le blog de Mr Savatier

Auteurs associés :

ABI SAAD Pierre, GAYET Mireille


Sportifs magazine

Rédigé le jeudi 13 octobre 2011

Marcher, courir, aussi simple que cela puisse paraître, ça s'apprend.

Comprendre le déroulement du geste pour optimiser ses performances et se préserver, quelle que soit la discipline, l'ouvrage de Frédéric Brigaud (Ostéopalhe/Biomécanicien) vous aidera à y parvenir, avec une approche pratique directement applicable . Vous apprendrez également que la façon dont vous posez votre pied détermine sa forme. On ne naît pas avec un pied creux ou plat, c'est la façon dont on marche qui le détermine. La compréhension et la maîtrise du déroulement du geste depuis La marche jusque dans La pratique sportive. quel que soit le type de déplacement, quelle que soit la discipline sportive (tennis. golf. course à pied. randonnée, karaté...) sont synonymes de performance et de préservation. Cet ouvrage vous propose une approche pratique de la biomécanique, globaliste. immédiatement applicable, en dévoilant l'interaction entre les différents éléments osseux qui interviennent dans la marche. la course. etc.

Auteurs associés :

BRIGAUD Frédéric


Nouvelles de Versailles

Rédigé le mercredi 28 septembre 2011

LA SAISON DES ENDIVES arrive. Profitez-en pour faire le plein de ce légume peu calorique grâce au livre de l'auteure culinaire viroflaysienne, Béatrice Vigot-Lagandré, "Endives,"je vous aime".

85 recettes originales

«Lorsque mon éditeur m'a, demandé de trouver 85 recettes à base d'endives, j'étais un peu dubitative, explique la journaliste. Il fallait que j'invente des plats autres que la traditionnelle salade d'endives ou le gratin au jambon classique)). Au final, son livre nous offre un large et original choix de recettes, de l'entrée au dessert (surprenant, n'est-ce pas ?), à base de "chicon". De l'endive rouge au foie gras à la tarte tatin aux endives et à l'orange en passant par le crumble d'endive au parmesan, il y en a pour tous les goûts et tous les palais, même les plus délicats. (Beaucoup de gens n'aiment pas l'endive car ils la trouvent trop amère. L'astuce, c'est de couper le cône situé à la base de l'endive, conseille Béatrice. C'est là où se concentre toute l'amertume). Autre petit secret: "Ajouter du sucre ,dans l'eau de cuisson ou bien les badigeonner de miel, de sirop d'érable ou d'agave pour les faire braiser, mijoter ou les mettre au four", ajoute-t-elle.

Dans la même collection, la journaliste culinaire a également sorti, juste avant l'été, un autre livre de recettes sur les fruits rouges. "C'est un livre' pour les gens qui adorent les accords sucré-salé et parfois audacieux", note Béatrice.

Auteurs associés :

VIGOT-LAGANDRE Béatrice


La Gazette gourmande septembre 2011

Rédigé le jeudi 1 septembre 2011

Difficile d'imaginer, avant de se plonger avec surprise et délectation dans ce Petit traité joliment illustré, à quel point la saga millénaire du peuple des pois chiches est passionnante! Car, oui, dans ce livre, les pois chiches sont un peuple, un peuple conquérant qui a traversé les siècles et les océans, qui a abandonné sa terre nourricière pour fonder ailleurs, en Europe, en Afrique, en Asie, au Canada, des dynasties heureuses, sans jamais renoncer à son identité, à sa méditerranéité. L'auteur, chroniqueur gourmand, a toute une nuit écouté les confidences d'un vieux pois chiche sage de Viviers les Lavaur, dans le Tarn : il savait qu'il serait au petit matin récolté et ensaché, il a courageusement profité de ses dernières heures pour raconter, avec beaucoup d'émotion, l'histoire millénaire, édifiante et rocambolesque de son peuple. L'auteur a tout noté et, les larmes aux yeux, il a ajouté à ce surprenant témoignage une centaine de recettes du monde entier, à base de pois chiches, avant de publier cet hommage résolument optimiste, cette ode au déracinement et à l'exode dans laquelle le lecteur croisera les Pink Floyd, Charlemagne, le Pharaon Ptolémée IX, Nicole Croisille, Haroun al-Rachid, Téma de Tlemcen et bien d'autres ... Bref: un livre de cuisine atypique qui se lit comme un roman et dont on ne sort pas indemne.

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LEBRUN Pierre-Brice

Librairie Le Toqué (page Facebook)

Rédigé le mercredi 31 août 2011

Et on poursuit les lectures de l'été (si si, on y est encore...) : Notre compatriote Pierre-Brice Lebrun récidive, après les excellents Petit Traité de la Boulette & Petit traité des pâtes, avec le Petit traité du Pois Chiche chez Le Sureau (19,50 eur)... l'occasion de découvrir au travers d'un récit sur ses origines et ses périgrinations, une centaine de recettes qui lui rendent hommage. Plus qu'un livre de cuisine, c'est vraiment une belle histoire qui sollicite notre imaginaire et nos papilles...

 

Retrouvez la page Facebook de la librairie Le Toqué ici !

Auteurs associés :

LEBRUN Pierre-Brice


Elle

Rédigé le samedi 27 août 2011

Oh ! La boulette

Anecdotes, recettes, histoires ... grâce au « Petit Traité de la boulette» (Le Sureau), de Pierre-Brice Lebrun, on saura tout!

 

Auteurs associés :

LEBRUN Pierre-Brice


Sur le blog La fureur des vivres

Rédigé le vendredi 22 juillet 2011

Pierre-Brice Lebrun a encore frappé. En l'occurrence, avec ce livre il nous mitraille de pois chiche. Un peu maso, on en redemanderait. Pas besoin de lui dire chiche, Pierre-Brice est toujours partant pour nous emmener dans des aventures culinaires. Ici, le pois chiche universel et grand ancêtre de la cuisine est servi à toutes les sauces. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, le pois chiche est partout.


P.B Lebrun, étonnant et prolifique conteur, nous narre la saga du pois chiche avec son inépuisable talent. Dans « Petit traité du pois chiche » le récit et l'art culinaire se mêlent pour notre plus grand plaisir. Sans cesse, Pierre-Brice troque son stylo pour la cuiller de bois et ces morceaux choisis sont aussi appétissants les uns que les autres. Sous le ton humoristique et léger, l'air de rien, ce livre est une mine de connaissances. L'auteur, très bien documenté, a fait l'inventaire de tout ce qui s'est écrit et dit sur le pois chiche depuis des millénaires. Et pourtant, le livre n'en est pas indigeste, ni lourd, au contraire, il se lit avec plaisir l'esprit sans cesse aiguisé par la curiosité.

Se mettant dans la peau d'un pois chiche - et pour un costaud comme lui, c'est un exploit ! - il nous raconte l'histoire de sa famille, remontant un arbre généalogique très ancien et allant voir du côté des cousins proches ou éloignés qui ont émigré aux quatre coins du monde. Ça en fait du monde ! et par conséquent ça en fait des recettes ! Depuis le temps que ce pois est cultivé et même avant quand il était simplement cueilli, le nombre de cuisiniers et de cuisinières, d'origines diverses, qui se sont creusés les méninges pour inventer et améliorer des recettes. Car des amuse-bouches au dessert, les pois chiches se cuisinent dans tous les styles, c'est incroyable le nombre d'ingrédients avec lesquels il s'allie pour de jouissives unions. Moi qui raffole de l'houmous et des falafels, des salades de pois chiche, des soupes et des chapatis, je pars en quête des ingrédients qui me manquent pour tester quelques recettes. Cela permet d'illustrer le propos de manière gourmande et pratique, les recettes s'insérant parfaitement dans le récit lui donnant vie et nous donnant faim.

A propos d'illustrations, tout le long du livre, l'½il est attiré par des d'exquis petits dessins. Il convient de saluer le remarquable travail d'illustratrice de Mireille Gayet, la complice habituelle de P.B Lebrun. Une fois de plus avec grand talent, elle habille le livre de ses superbes et délicats dessins, parsemant l'ouvrage de pois chiche, donnant vie aux recettes proposées ou nous emmenant en voyage au rythme des histoires de Pierre-Brice.

Un livre à s'offrir et à offrir, pour des plaisirs de lectures et de probables plaisirs gustatifs. Le livre est agréablement mis en page et joliment relié, du bon travail de la part de l'éditeur et de l'imprimeur. Un petit ouvrage qui a sa place dans une bibliothèque de gastronome bibliophile.

Retrouvez l'excellent blog en cliquant ici !

Auteurs associés :

LEBRUN Pierre-Brice


nonfiction.fr

Rédigé le lundi 18 juillet 2011

Les rapports qu'entretiennent l'écriture manuscrite et la typographie - en un constant jeu d'imitation, de rapprochement et de stylisation sont un terrain d'étude ancien mais où de nombreux travaux restent à mener. Ce que nous appelons depuis bien longtemps « caractère de civilité », par facilité , et qui n'est autre qu'une cursive gothique, aurait pu à cet égard sembler bien connue après plusieurs études de qualité tout au long des XIXe et XXe siècles. Rémi Jimenes renouvelle cependant les connaissances en étudiant ces caractères non d'un point de vue typographique mais de celui de leur emploi, par une approche diachronique, relevant à la fois de la bibliographie matérielle et de la sociologie de l'écrit.

L'auteur démontre en effet que ce caractère a eu une vie mouvementée. Loin d'avoir été utilisée sans interruption pendant plus de trois siècles comme on le croyait, la lettre de civilité a connu des périodes d'abandon et de retour en usage. Le caractère est créé en 1557 par un imprimeur lyonnais, Robert Granjon, qui cherche alors à imiter l'écriture des secrétaires français : il s'agit d'une écriture extrêmement cursive, qui nécessite l'emploi d'un grand nombre de ligatures. Cette « lettre françoise d'art de main » est protégée par privilège mais se diffuse néanmoins très rapidement : en 1600, toute l'Europe l'utilise. L'auteur propose un certain nombre d'exemples pour déterminer quel usage est fait de ce caractère : poésies, imprimés officiels, usages en lien avec la langue française par opposition aux autres, ouvrages de civilité proprement dits et autres ouvrages scolaires - puisque l'intérêt de cette écriture devait résider dans sa grande lisibilité.

Le reflux de l'usage du caractère est aussi brusque qu'avait été sa diffusion. Dans le contexte général de la disparition des caractères gothiques, le caractère de civilité ne trouve plus sa place, d'autant que les écritures manuscrites ont-elles-mêmes évolué : si l'on veut que la typographie ressemble à l'écriture de tous les jours, ce n'est plus la civilité qu'il faut utiliser. La connotation protestante de cette écriture (au XVIe siècle) ne facilite pas son maintien en vigueur.

Contre toute attente, le caractère de civilité connaît toutefois une seconde vie aux XVIIIe et au début du XIXe siècle. Jean-Baptiste de La Salle, fondateur des Frères des écoles chrétiennes, publie en 1703 les Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne, qui remet au goût du jour une police qui n'est plus utilisée depuis près de cinquante ans. Rapidement, la lettre de civilité passe pour le caractère typique des manuels scolaires... et prend le nom dont on le désigne couramment. L'auteur recense plus de 200 éditions d'ouvrages de ce type avec un pic dans les années 1810-1830 : étrange retour de la typographie gothique au temps des Lumières... Le phénomène est même général ; Rémi Jimenes démontre que ce retour ne dépend pas de quelques imprimeurs ou n'est pas limité à quelques villes mais est visible dans l'ensemble des centres d'impression du territoire français. Devenu à peu près illisible car trop éloigné des habitudes du temps, le caractère finit par disparaître au milieu du XIXe siècle... bien qu'il soit encore utilisé de nos jours comme caractère exotique.

Retrouvez le blog non.fiction.fr ici !

Auteurs associés :

JIMENES Rémi


lireestunplaisir

Rédigé le samedi 2 juillet 2011

Pierre-Brice Lebrun est un gourmet, un journaliste gourmet. Il partage avec les autres ses passions culinaires. On se souvient du « Petit traité de la boulette », rempli d'humour, qui lui a valu le Prix Cerise sur le gâteau 2009 du Festival des littératures gourmandes. Cette fois, cet auteur liégeois s'attache au pois chiche, sympathique légumineuse millénaire, injustement cantonnée à la couscoussière, capable pourtant de briller de l'entrée au déssert. Et l'auteur en fait une brillante démonstration. On apprend tout sur son origine, son exode, son déracinement : une belle aventure culinaire ! On apprend même à bien cultiver le pois chiche ! Et comme l'auteur gourmand manie aussi l'humour, il a parsemé (c'est le cas de le dire) son ouvrage de quelques calembours délicieux !

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LEBRUN Pierre-Brice


Vegas characters

Rédigé le vendredi 1 juillet 2011
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RAULT David


Terres de Cognac n°83 juillet/aout 2011

Rédigé le vendredi 1 juillet 2011

Pour tout savoir de cette légumineuse souvent cantonnée à agrémenter le couscous, ce petit traité nous livre les origines et l'implantation du pois chiche, autour d'une centaine de recettes de l'entrée au dessert.

Auteurs associés :

LEBRUN Pierre-Brice


tm rsi stm

Rédigé le vendredi 1 juillet 2011

Histoire de l'écriture typographique _ Après avoir conté la genèse des caractères d'imprimerie, de Gutenberg au XVIIe siècle, Yves Perrousseaux prolonge sa saga illustrée. Pour explorer le XVIIIe siècle, ce sont deux tomes de 240 pages chacun qu'il vient de publier aux Editions Adverbum. Pour la rédaction de ces volumes, l'auteur se décrit comme un «transmetteur de connaissances », ayant eu recours aux contributions de spécialistes Oacques André, pour une part importante, dont un de ses sujets de prédilection: les vignettes à combinaison; Claude·Laurent François; Rémi Jimenes, James Mosley ... ), voire s'étant appuyé sur les travaux de confrères disparus, tels que René Ponot ou Fernand Baudin. Ce qui n'empêche pas que chacun s'accordera pour louer son impressionnant travail de compilation et de recherche. Par rapport au premier tome, de nombreuses illustrations en quadrichromie et en taille réelle ont été insérées. Elles constituent une source de choix pour le lecteur curieux du passé typographique. Un quatrième volume consacré au XIXe siècle est annoncé.

En plus de diverses «pauses », c'est·à·dire de l'insertion de textes liés aux arts graphiques mais ne concernant pas directement les caractères d'imprimerie, l'auteur n'a pas hésité à élargir ses investigations.

Par exemple en présentant l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Laquelle offre peu d'intérêt au point de vue de la typographie pure, mais recèle un intérêt considérable au point de vue éditorial: vingt·huit volumes (dont douze renfermant des planches d'illustrations et leurs légendes) ! Le chiffre de tirage du premier tome, initialement prévu à 1625 exemplaires (nombre important pour l'époque), avait in extremis été porté à 2500. Les souscriptions dépassant toutes les prévisions (4000), il fallut réimprimer les premiers volumes ... Si bien que, entre 1751 et 1782, ce sont 125 000 exemplaires qui furent vendus.

Quant auxdites pauses, après avoir concerné la gravure d'illustrations, l'écriture manuelle ou l'origine de la langue française, elles ont trait, cette fois·ci, à la composition typographique de la musique; aux écritures réalisées au pochoir; aux lettres de privilège pour l'impression; aux mesures typographiques. Dans le foisonnement des séquences présentées, je relèverai quelques aspects particuliers ... Par exemple, l'action de John Baskerville, qui a réalisé ses caractères «en fonction de ses goûts et non de la mode de l'époque ». Et l'auteur de préciser que cette célébrité britannique «imprima des bibles et des livres de prières non parce qu'il était croyant, mais parce que ces ouvrages correspondaient à un marché». A côté du caractère Baskerville, dont la popularité n'a guère faibli, le Bell, peu connu mais non moins intéressant, marque aussi la transition vers les Didones. Relevons encore un portrait étonnant, celui de Prosper Marchand qui, en 1740, rédigea une Histoire de l'origine et des premiers progrès de l'imprimerie. Quant à la reprise de l'inventaire de Fournier (datant de 1766) relatif aux« principales fonderies de caractères en Europe », on constate l'absence de la Fonderie Haas, née en ... 1580.

L'analyse que fait YVes Perrousseaux du fameux livre de Martin Dominique Fertel, intitulé La science pratique de l'imprimerie, est assez proche de celle que nous avait offerte Fernand Baudin -mais L'Effet Gutenberg de ce dernier souffre de la relative médiocrité de ses illustrations. La présentation «du Fertel», premier ouvrage techni-que, en langue française, relatif à notre métier, est passionnante. D'autant plus que l'½uvre ne souffre «pas de mots d'enflure, comme disait Pascal ». On pourrait par-ler aussi du fameux livre de Joseph Moxon (1683) ... Dans son style rédactionnel singulier et une présentation qui lui est propre, Yves Perrousseaux met sous les yeux des typographes francophones une brassée d'images et de textes historiques qui, indéniablement, enrichit leur connaissance des caractères d'imprimerie et du passé typographique. Même si cette série n'est pas exempte de quelques répétitions et incongruités rédactionnelles, voire se démarque dans sa forme et sa mise en pages de critères «helvétiques », elle n'en demeure pas moins attachante. Personnellement, j'avoue éprouver beaucoup de plaisir (et d'intérêt!) à vagabonder à travers de flamboyantes reproductions, à lire des pages d'où émane l'odeur du plomb ...

 

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PERROUSSEAUX Yves


Graphos

Rédigé le lundi 6 juin 2011

Décidément, Roger Excoffon est à la mode. Après l'exposition d'Amiens , qui sera visible cet automne au Musée de l'Imprimerie à Lyon, après le livre de Sandra Chamaret, Julien Gineste et Sébastien Morlighem chez Ypsilon, voici que les éditions Atelier Perrousseaux nous proposent un « Roger Excoffon, le gentleman de la typographie » écrit par David Rault. Bien heureusement, si comme on pouvait s'y attendre les deux livres contiennent une part commune, ils explorent chacun une facette différente du personnage. Et si le livre de Sebastien Morlighem se concentre sur les réalisations d'Excoffon, explorant coins et recoins de ses créations typographiques, nous expliquant la mise au monde de chacun de ses caractères, le livre de David Rault nous fait plutôt prendre connaissance avec la vie et le caractère du personnage. L'ouvrage comporte principalement une biographie très détaillée de celui qui fut surnommé « le gentleman de la typographie », surnom dû semblerait-il autant à ses tenues et à sa mise toujours impeccables qu'à sa prestance plutôt aristocratique et à son abord parfois difficile, aux dire de certains qui l'ont connu de près. Le livre se poursuit sur un très beau portfolio de photos prises par Jean Dieuzaide au cours des nombreuses sessions lursiennes auxquelles Excoffon a participé, on y retrouve nombre de paléo-lursiens d'aujourd'hui alors encore jeunes et fringants, et il se termine sur une dizaine de témoignages à propos de l'homme et de ses travaux par ceux qui l'ont connu de près, tels José Mendoza, Massin ou Maximilien Vox. Ce livre fait de constantes références aux fameuses Rencontres de Lure, qu'il n'est nul besoin de vous présenter en cette colonne, une association dont Roger Excoffon a été le président durant de nombreuses années. Jean Dieuzaide, José Mendoza, Peter Knapp ou le très récemment disparu Yves Perrousseaux, ils sont nombreux les anciens « lursiens » à apporter leur pierre à l'édifice de ce livre, et on y retrouve bien souvent entre les lignes ce bel esprit de Lure qu'apprécient tant ceux qui se rendent chaque été aux sessions de fin août.
Certains trouvent les travaux d'Excoffon datés et donc obsolètes, sans doute parce qu'il ont été très utilisés dans les années soixante (je passai encore ce matin devant l'enseigne d'une boulangerie de cette époque en Chambord) et qu'ils en gardent une connotation de ces années. Pour ma part, je trouve qu'ils ont été suffisamment oubliés depuis longtemps pour pouvoir revenir discrètement dans notre univers graphique quotidien sans en occulter la modernité (j'ai observé pas plus tard que ce matin au supermarché des tenues de caissières marquées d'un slogan en Mistral).
Bref, un bel ouvrage très agréable à lire que vous pourrez avantageusement classer dans votre bibliothèque à côté de son congénère d'Ypsilon sans faire de doublon.

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RAULT David


Le Typographe

Rédigé le mercredi 1 juin 2011

La monographie que David Rault consacre à Roger Excoffon n'est pas un livre sur Roger Excoffon, c'est Roger Excoffon dans un livre.
Artiste lui-même pluridisciplinaire (graphiste, typographe, photographe, homme de cinéma), David Rault fait revivre sous nos yeux l'homme Roger Excoffon, dans ses élans, ses passions, dans la polyphonie de son immense talent.
Par le prisme de cet ouvrage grand format, accessible, précis et richement illustrée, nous découvrons le caractère Excoffon, son écriture, le parcours de cet auteur (typo)graphique, le chantier du Mistral, le premier nom de l'Antique Olive, un Calypso tout à fait fortuit ; l'Excoffon publicitaire, graphiste, visualiste dont les travaux & les commandes laissent apparaître ici de façon synoptique la vision d'une époque, un peu de notre histoire contemporaine, en France tout particulièrement, mais pas seulement.


La mise en page du livre se fait au fil des pages mise en scène avec, en point d'orgue, un superbe cahier consacré aux photographies que Jean Dieuzaide a fait de Roger Excoffon dans les années 1960.
L'Excoffon de David Rault est un livre que l'on peut lire vite, à la vitesse d'une Ferrari, image que feu Yves Perrousseaux associait cet ouvrage, s'amusant de l'audace de sa couverture rutilante.
Mais c'est aussi un travail que l'on peut relire avec patience, en gourmet des vignettes et des mots. Ceux de Maximilien Vox et Savignac en particulier sont de véritables morceaux de bravoure littéraires, qui dépassent de loin le génie spécialisé de la typographie et qui devraient puissamment contribuer à célébrer les nouvelles noces de la geste excoffonienne et de l'homme de la rue.

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RAULT David


www.urbanbike.com

Rédigé le mercredi 1 juin 2011

Voilà un bouquin sympa qui a l'énorme avantage d'être disponible en papier. Ou, tout de suite, en PDF (...et donc lisible sur un Mac ou un iPad).

Que les choses soient claires, je ne suis pas un fan des typos de Roger Excoffon pour la bonne raison que je ne les connaissais pas en détail, pas réellement séduit par leur graphie, leur architecture. Mais le gros apport d'un tel bouquin est de faire tomber tous les a priori...

C'est en discutant avec Brice You qui est un fanatique intégral de ce typographe que j'ai commencé à jeter un oeil sur ces typos. C'est Brice à nouveau qui m'avait signalé le premier livre en PDF de David Rault, Guide pratique de choix typographique (voir cette chronique sur urbanbike) qui m'a permis de mieux cerner le personnage parmi tant d'autres créateurs.

Aujourd'hui, je ne suis pas encore passé à l'acte (utiliser du Excoffon dans mes propres missions) mais, à tout le moins, je le découvre plus encore et la sortie de ce livre, Roger Excoffon, Le gentleman de la typographie, vient agréablement compléter le peu que je savais sur ce personnage.

Ce bouquin a une singularité, celle de faire parler pas mal de personnes qui l'ont connu dont Yves Perrousseaux (qui vient juste de le rejoindre pour, je leur souhaite, continuer leurs longues discussions), Robert Massin et bien d'autres.

D'ailleurs, Jean-François Porchez écrit exactement, je le confesse, ma perception d'il y a encore quelques mois...!
À mes débuts, alors étudiant, durant la fin des années 1980, les Mistral, Banco et Choc étaient dans le panier des alphabets ringards qu'il ne fallait pas employer pour autre chose que de s'amuser à reproduire la vitrine provinciale d'une boucherie, d'un boulanger ou d'un coiffeur. C'était en tout cas le message des graphistes en vue de l'époque, des professeurs de graphisme, des journalistes, etc. Pour reprendre un discours léger, mais bien rodé dans le milieu des agences et des studios de l'époque : les alphabets d'Excoffon n'étaient pas modernes.

C'est tout l'intérêt du livre de David Rault, remettre dans son jus, son époque le travail de cet autodidacte, le restituer et nous le faire découvrir...

Bref, je ne vais pas en dire plus.
Si vous êtes graphiste, ce second opus de David Rault doit impérativement rejoindre son Guide pratique de choix typographique -- que vous avez, rassurez-moi, à portée de clavier ou de main...!

Seul petit point auquel on s'habitue très vite, le livre est en anglais et français et il vous faudra parfois sauter une page pour poursuivre votre lecture...

 

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RAULT David


Graphe

Rédigé le mercredi 1 juin 2011

Yves Perrousseaux nous avait dit tout le plaisir qu'il avait eu à mettre en pages ce livre, qui est très beau, très savant, et passionnant !

Il tient parfaitement sa place dans la collection "Histoire de l'écriture typographique". Rémi Jimenes nous raconte l'histoire des caractères crées par Robert Granjon en 1557, imitation de l'écriture manuscrite dans la typographie. Un livre qu'il faut avoir dans sa bibliothèque.

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JIMENES Rémi


La vie quercynoise

Rédigé le jeudi 26 mai 2011

"Lorsqu'on fait salade, celui qui met le sel doit être un sage, celui qui met l'huile un prodigue", dicton.

Martine Agrech, auteur du cru, nous présente son troisième livre intitulé "Petit traité de l'huile d'olive". Avec ce délicieux petit traité, Martine nous entraîne dans le bassin méditerranéen et surtout en Provence.

C''est donc à la découverte de l'huile d'oIive, de sa production, ses goûts, ses odeurs, ses senteurs et ses parfums mais aussi au partage de recettes et de savoir-faire que Martine vous permet d'assister au fil des pages de ce petit traité. Son livre vous Inviteà mieux  connaitre l'huile d'olive de l'Antiquité à nos jours en passant bien sûr par le "régime Crétois". Il  évoque la culture de l'olivier,  les méthodes extractions, les AOC... Il vous Informe sur le o comment bien choisir son huile d'olive .. pure et vierge, sur ses propriétés, ses astuces d'utilisation et prodigue même quelques .. "conseils beauté" ..... Un condensé de découvertes dans lequel vous trouvez quelques recettes faciles et originales comme la glace au thym ou les fraises a l'huile d'olive.(...)

 

 

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AGRECH Martine


PRESCRIRE

Rédigé le dimanche 1 mai 2011

Ecrit par une kInésithérapeute et une psychomotricienne, cet ouvrage d'anatomle en rapport avec le mouvement" montre comment le bassin de la femme bouge et se transforme, notamment lors de l'accouchement, en fonction des positions et des mouvements (mouvements du rachis et des membres Inférieurs en particulier) (1)

Les premiers chapitres font cheminer le lecteur pas à pas dans la compréhension de l'anatomie du bassin, statique et en mouvement Les nombreux dessins anatomiques du bassin sont souvent replaces par "transparence" sur le dessin du corps de la femme, ce qui permet d'intégrer d une façon concrète les notions exposées Dans les chapitres suivants, les auteures intègrent la descente du f½tus dans le bassin, puis l'analyse des diverses positions d'accouchement. Enfin, les différents mouvements que la femme peut effectuer pendant le travail et l'accouchement sont envisagés, avec la description de leurs conséquences sur le bassin. Des propositions concrètes de postures sont présentées, sans néanmoins être dogmatiques.

Tout au long de cet ouvrage, les illustrations, principalement des dessins réalises par l'une des deux auteures, sont claires et précises. Des propositions pratiques afin de repérer les éléments d anatomie sur soi-même, les imaginer ou expérimenter l'effet de positions sur la configuration du bassin, sont ajoutées a maintes reprises. Un Index des mots utilisés renvoyant a leur définition est placé en fin d'ouvrage, suivi d'une page de bibliographie.

Cet ouvrage précis et facile à lire peut  être utile aux professionnels de la naissance. Ils peuvent aussi mieux comprendre et expliquer l'anatomie en rapport avec les mouvements du bassin, dont les notions sont difficiles a bien percevoir Les futurs parents peuvent aussi y trouver des conseils et des Informations pour mieux connaître le corps de la femme et mieux se préparer à l'accouchement.

Auteurs associés :

CALAIS-GERMAIN Blandine


Histoires du livre (blog)

Rédigé le samedi 30 avril 2011

Il est bien trop rare que les éditeurs modernes -entendons, les éditeurs d'aujourd'hui- accordent suffisamment d'importance à la «mise en livre» des manuscrits qui leur sont confiés. Pourtant, les travaux d'histoire du livre montrent bien non seulement que le texte ne saurait exister seul, mais que le livre en tant qu'objet apporte au lecteur, par les dispositifs matériels qu'il met en ½uvre, bien autre chose que le seul texte. «Mettre en livre» avec compétence et élégance un livre qui traite précisément d'un aspect de la «mise en livre», à savoir l'histoire du caractère typographiques, est tout particulièrement bien venu.
On ne peut par conséquent qu'être reconnaissant à l'éditeur Atelier Perrousseaux de l'ouvrage que Rémi Jimenes a consacré aux Caractères de civilité d'avoir réussi à nous offrir un livre dont l'élégance formelle se combine avec un contenu textuel de qualité. L'étude de la typographie et des caractères reste trop peu développée en France, et encore mal intégrée aux travaux d'histoire générale du livre -une exception remarquable étant bien évidemment celle du Musée de l'imprimerie dirigé par Alan Marshall à Lyon. L'exposition d'Écouen sur Geoffroy Tory et son Champfleury constitue aussi, en ce moment même, une excellente occasion d'approcher ce domaine.
Rémi Jimenes, doctorant au CESR de Tours, définit les caractères de civilité, alias lettre française d'art de main, comme « une typographie gothique reproduisant l'écriture cursive qu'employaient les hommes de plume français au milieu du XVIe siècle » (p. 10). Histoire et civilisation du livre donnera de cet élégant volume un compte rendu circonstancié, mais le sommaire que nous publions ci-dessous donne une bonne image d'un contenu présenté à la manière d'une pièce de théâtre classique.

Voir le blog ici !

Auteurs associés :

JIMENES Rémi


leblogdegraphos.net

Rédigé le mardi 26 avril 2011

Les éditions Atelier Perrousseaux, qui nous ont déjà gratifiés de deux superbes volumes d'une Histoire Typographique qui est devenu un ouvrage de référence incontournable sur le sujet, viennent de faire paraître un nouvel ouvrage sur un sujet fort peu traité par les historiens de la typographie, j'ai nommé la « lettre française d'art de main » ou « lettre façon d'écriture », plus connue sous le nom de « lettre de civilité ». À la frontière de la typographie et de la calligraphie, ces lettres sont calquées sur une des cursives de l'époque et servaient à imprimer notamment des manuels éducatifs. On les composait dans ce caractère bien particulier en se disant qu'il était plus facilement lisible à l'âge où l'on apprend à lire et à écrire justement cette cursive scolaire. En dehors de l'ardu problème typographique qui consiste à rendre par des rectangles de plomb toutes les subtilités d'une cursive avec ligatures, trait continu et caetera, ces lettres sont très esthétiques et loin, dans leurs formes, des caractères romains et italiques auxquels une typographie plus classique nous a habitués et plus proches d'une cursive gothique que nous étudierons bientôt chez Graphos.
Découvrez donc dans cet ouvrage les liens qui ont perduré tardivement entre typographie et calligraphie, les influences réciproques (si, si) entre ces deux modes de production du texte écrit, cela vous donnera bien des idées et des modèles desquels vous inspirer pour calligraphier ce caractère un peu oublié du corpus calligraphique habituel. Les nombreuses illustrations sont accompagnées d'un texte remarquable de Rémi Jimenes qui met parfaitement en valeur à la fois la naissance, l'évolution et l'utilisation typographique de ce caractère mais aussi les influences de et sur la calligraphie de cette cursive, bien loin des modes d'inspirations qu'y puiseront plus tard Hermann Zapf ou Alan Blackman.
Bref, pour une fois un ouvrage qui met en lumière les nombreuses interrelations entre typographie et calligraphie et une bien belle source d'inspiration pour nous autres scribes.
>[Sylvie Litté]

Auteurs associés :

JIMENES Rémi

A lire
Mise en page & impression
Yves PERROUSSEAUX
Le corps aussi
Dr. Richard MEYER
Papyrus
Richard PARKINSON
Stephen QUIRKE
Petit traité du pois chiche
Pierre-Brice LEBRUN